(AfriquesPlus) - Les relations entre Washington et Pretoria connaissent un nouveau regain de tension. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé de nouvelles restrictions de visas visant certains ressortissants étrangers impliqués, selon les États-Unis, dans des politiques de discrimination raciale ou d’expropriation de terres sans indemnisation en Afrique du Sud.
Nouvelle escalade dans les relations déjà difficiles entre les États-Unis et l’Afrique du Sud. Washington a annoncé mardi 15 septembre un nouveau dispositif permettant de restreindre l’accès au territoire américain à certaines personnes liées à des politiques sud-africaines que l’administration Trump considère comme discriminatoires
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a indiqué que les mesures pourraient viser des ressortissants étrangers considérés comme responsables ou complices de politiques permettant notamment l’expropriation de terres sans indemnisation, la discrimination fondée sur la race ou encore l’incitation à des violences imminentes contre des minorités raciales ou ethniques.
Aucun nom n’a encore été communiqué
Pour l’heure, Washington n’a publié aucune liste de personnes directement visées. L’annonce constitue davantage l’établissement d’un cadre juridique permettant de prendre ultérieurement des mesures individuelles qu’une interdiction générale visant l’ensemble des Sud-Africains.
Le Département d’État n’a pas non plus précisé quelles dispositions de la législation sud-africaine pourraient entraîner automatiquement une restriction de visa, ni si des personnes disposant déjà d’un visa américain pourraient être concernées.
Cette distinction est importante : il ne s’agit pas, à ce stade, d’une suspension générale des visas pour les citoyens sud-africains**. La mesure vise certaines personnes en fonction de leur implication présumée dans les politiques ou actions définies par Washington.
Le dossier foncier au cœur du différend
Cette nouvelle décision s’inscrit dans un différend plus large entre les administrations Trump et Ramaphosa.
Depuis plusieurs mois, Washington critique notamment la politique sud-africaine de réforme foncière. Le gouvernement américain affirme que certaines politiques pourraient conduire à des expropriations sans compensation et à des discriminations visant les Sud-Africains blancs, notamment les Afrikaners.
Le gouvernement sud-africain rejette ces accusations de persécution des Afrikaners et défend ses politiques de réforme foncière dans le cadre de la lutte contre les inégalités héritées de l'apartheid. Pretoria a également dénoncé ce qu'il considère comme des informations trompeuses concernant la situation des minorités dans le pays
Des relations déjà fortement dégradées
La nouvelle politique américaine intervient alors que les relations bilatérales traversent une période particulièrement tendue.
L'administration Trump a déjà pris plusieurs mesures à l'encontre de Pretoria, notamment la réduction de l'aide américaine et l'expulsion de l'ambassadeur sud-africain aux États-Unis. Washington reproche également à Pretoria certaines orientations de sa politique étrangère, notamment son approche du conflit israélo-palestinien.
De son côté, le président Cyril Ramaphosa défend la souveraineté de son pays et ses politiques post-apartheid. Pretoria continue parallèlement de chercher à préserver ses relations économiques et diplomatiques avec Washington, malgré les divergences croissantes.
Une nouvelle étape dans le bras de fer
La décision annoncée par Marco Rubio ne constitue donc pas une interdiction générale visant les voyageurs sud-africains. Elle ouvre plutôt la voie à d'éventuelles restrictions individuelles contre des personnes que Washington estime impliquées dans des politiques correspondant aux critères définis par le Département d'État.
Pour Pretoria, l'enjeu dépasse désormais la seule question des visas. Il touche directement aux choix du pays en matière de réforme foncière, de politique raciale et de relations internationales.
Pour Washington, cette nouvelle politique constitue un instrument supplémentaire de pression diplomatique. Son application concrète dépendra désormais de l'identification des personnes susceptibles d'être visées et des décisions que prendra le Département d'État américain