(AfriquesPlus) - Depuis avril, plusieurs commandants des Forces de soutien rapide (FSR) ont rallié l'armée soudanaise du général Al-Bourhane, selon un reportage de Noé Hochet-Bodin publié dans Le Monde ce mercredi 5 août sous la plume de Noé Hochet-Bodin.
Parmi eux, Al-Nour Ahmed Adam, dit « Al-Nour Guba », ancien homme de main de Mohammed Hamdan Daglo dit « Hemetti », impliqué dans l'assaut sanglant sur El-Fasher, ainsi que deux autres cadres qui dirigeaient les opérations paramilitaires dans le Kordofan du Nord.
Ces défections révèlent une fracture ancienne au sein des FSR, dont les troupes sont issues de la tribu arabe des Rizeigat, elle-même scindée entre le clan Mahariya, dont est issu Hemetti, et le clan Mahamid, progressivement écarté du commandement militaire et des ressources minières du Darfour.
Cette rivalité a éclaté au grand jour en février, lors de l'assaut des FSR contre le village de l'ancien chef janjawid Moussa Hilal, poussant ce dernier à se rallier à l'armée soudanaise, un exemple suivi depuis par plusieurs autres commandants mahamid.
Selon Le Monde, ces ralliements auraient par ailleurs été facilités par l'Arabie saoudite, en échange de compensations financières versées aux transfuges.
Si ces défections offrent à l'armée soudanaise des renseignements précieux sur les positions des FSR, elles posent aussi la question de la responsabilité pénale de commandants issus d'un groupe accusé de génocide.
Le chercheur Mohamed Osman, de Human Rights Watch, rappelle que « les responsables de crimes internationaux ne bénéficient pas d'un passe-droit s'ils changent de camp ». Ces ralliements fragilisent en outre la coalition hétéroclite bâtie par Khartoum, certains alliés du front anti-FSR redoutant de voir arriver d'anciens responsables de massacres dans leurs propres rangs, alors qu'une bataille décisive se profile autour de la ville d'El-Obeid.