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Angola, l’introduction en Bourse d’Unitel ouvre une nouvelle ère pour les marchés financiers
La privatisation partielle de l'opérateur télécoms, sursouscrite par les investisseurs, est perçue comme un test réussi pour la jeune Bourse angolaise et un signal en faveur de la diversification d'une économie encore très dépendante du pétrole.
 

(AfriquesPlus) - La plus importante introduction en Bourse jamais réalisée en Angola marque un tournant pour le marché des capitaux du pays. La cession par l'État de 15 % du capital de l'opérateur de télécommunications Unitel a permis de lever 300,3 milliards de kwanzas (329 millions de dollars) et a été souscrite à hauteur de 120,7 % de l'offre, témoignant de l'intérêt des investisseurs pour cette opération, écrit la journaliste Bunmi Bailey dans une analyse publiée le 5 août 2026 par BusinessDay.

Cette opération a suscité des ordres d'achat évalués à 362,1 milliards de kwanzas (397 millions de dollars), soit un montant supérieur à la valeur des titres proposés. Le prix des actions a été fixé dans le haut de la fourchette indicative, confirmant l'appétit des investisseurs pour l'un des actifs les plus importants du pays.

Au-delà des 329 millions de dollars mobilisés, cette introduction en Bourse représente un enjeu stratégique pour la Bolsa de Dívida e Valores de Angola (BODIVA), une place financière encore jeune qui cherche à s'imposer comme une destination crédible pour les investisseurs dans l'une des principales économies pétrolières d'Afrique.

Créée en 2014, la BODIVA n'a commencé les échanges d'actions qu'en 2022. Avant l'arrivée d'Unitel, elle ne comptait que cinq sociétés cotées, toutes issues du secteur financier. L'entrée de l'opérateur télécoms constitue donc une diversification majeure pour un marché jusque-là limité à quelques acteurs bancaires.

Avec cette opération, Unitel devient la sixième entreprise cotée à la BODIVA et la première société non financière à rejoindre la place boursière angolaise. Sur la base du prix d'introduction, l'entreprise est valorisée à environ 2,2 milliards de dollars, ce qui la place parmi les plus grandes capitalisations du marché.

L'opérateur télécoms représente un poids économique considérable en Angola. Il compte plus de 21 millions de clients, contrôle plus de 70 % du marché national de la téléphonie mobile et a enregistré un bénéfice net supérieur à 170 millions de dollars au cours du dernier exercice.

Contrairement à une introduction en Bourse classique destinée à financer l'expansion d'une entreprise, cette opération s'inscrit dans le cadre du programme de privatisation PROPRIV. Les actions vendues correspondent à une partie de la participation détenue par l'État angolais, qui conserve toujours 85 % du capital d'Unitel. Les fonds levés seront donc directement reversés aux finances publiques.

L'objectif principal est ainsi de renforcer le rôle du marché des capitaux dans le financement de l'économie angolaise. Selon Bunmi Bailey, dans son analyse publiée par BusinessDay, cette introduction en Bourse pourrait améliorer la transparence des entreprises, renforcer les pratiques de gouvernance et offrir de nouvelles opportunités aux fonds de pension, aux investisseurs institutionnels et aux actionnaires individuels.

L'opération intervient également dans un contexte de redynamisation des marchés financiers africains. Plusieurs places boursières du continent connaissent un regain d'activité, à l'image du Zimbabwe, du Ghana et de la Tanzanie, tandis que l'Éthiopie a récemment lancé sa nouvelle Bourse après plusieurs décennies d'interruption.

Pour les autorités angolaises, le succès de cette introduction en Bourse pourrait ouvrir la voie à d'autres privatisations et encourager davantage d'entreprises publiques et privées à accéder aux marchés financiers. Le gouvernement du président João Lourenço cherche ainsi à réduire progressivement la place de l'État dans l'économie tout en améliorant la gouvernance des entreprises.

L'enjeu dépasse toutefois le seul cas angolais. De nombreuses Bourses africaines de petite taille font face aux mêmes difficultés : nombre limité de sociétés cotées, faible liquidité et forte dépendance au financement bancaire. L'expérience d'Unitel montre que l'arrivée d'entreprises solides et reconnues peut contribuer à attirer les investisseurs et à approfondir les marchés financiers.

Pour Bunmi Bailey, cette introduction en Bourse constitue un signal encourageant pour l'avenir du marché des capitaux angolais. Reste désormais à déterminer si cette opération restera un succès isolé ou si elle déclenchera une nouvelle vague de cotations capable de transformer durablement la BODIVA et de réduire la dépendance historique du pays aux revenus pétroliers.

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