(AfriquesPlus) - Dans un article publié le 21 septembre 2026 par The Standard, Joseph Lister Nyaringo, commentateur kényan des affaires publiques basé à Washington, critique le fonctionnement des principales organisations panafricaines, notamment l’Union africaine (UA), la CEDEAO, la SADC, l’EAC, le COMESA et l’IGAD. Il estime que ces institutions peinent à apporter des réponses concrètes aux conflits, aux coups d’État, aux dérives électorales et aux atteintes aux principes constitutionnels sur le continent.
L’auteur revient notamment sur la guerre du Tigré, le conflit au Soudan, ainsi que les coups d’État au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Il reproche aux organisations régionales de multiplier les communiqués et les initiatives diplomatiques sans parvenir, selon lui, à empêcher durablement les crises ou à exercer une pression suffisante sur les gouvernements concernés.
Nyaringo s’interroge également sur la capacité de l’Afrique à défendre des positions communes sur les grandes crises internationales. Il cite notamment Gaza, l’Ukraine et l’Iran, ainsi que les questions climatiques, commerciales et financières. Pour lui, le poids démographique du continent - environ 1,5 milliard d’habitants - devrait se traduire par une influence plus importante dans les institutions internationales.
L’article critique aussi les réponses apportées à certaines crises électorales en Afrique. L’auteur évoque notamment la Tanzanie, l’Ouganda et le Kenya, où il dénonce des restrictions visant des opposants, des contestations électorales et des épisodes de violences politiques. Il met ces situations en relation avec ce qu’il considère comme une application insuffisante des principes contenus dans les textes de l’Union africaine sur la démocratie et la gouvernance.
Une partie importante de son analyse porte sur les institutions panafricaines elles-mêmes. Nyaringo estime que le Parlement panafricain dispose de pouvoirs trop limités et propose notamment l’élection directe de ses membres ainsi qu’un renforcement de son rôle législatif. Il plaide également pour une plus grande autonomie de la justice africaine, notamment afin que les responsables de graves violations puissent être poursuivis devant des juridictions du continent.
Sur le plan sécuritaire, l’auteur propose enfin de renforcer les mécanismes africains d’alerte précoce et de disposer d’une capacité de réaction rapide face aux crises, notamment au Soudan, en République démocratique du Congo et dans le nord du Nigeria. Il appelle également les États africains à coordonner davantage leurs positions sur la dette, le financement climatique, le commerce et les technologies.
L’analyse de Joseph Lister Nyaringo se conclut sur l’idée que le continent dispose déjà de nombreux textes et institutions, mais que leur efficacité dépendrait surtout de leur capacité à transformer leurs déclarations en mesures concrètes, notamment par des sanctions et des mécanismes de contrôle plus contraignants.