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Human Rights Watch alerte sur les expulsions d’Haïtiens
Alors que les États-Unis accélèrent les expulsions d’Haïtiens depuis la fin de leur statut de protection temporaire, Human Rights Watch alerte sur les risques auxquels sont exposées les personnes renvoyées dans un pays toujours ravagé par les violences et
 

(AfriquesPlus) - Depuis la fin du statut de protection temporaire accordé aux Haïtiens, les expulsions depuis les États-Unis se multiplient alors que Haïti reste confronté à une crise sécuritaire et humanitaire majeure. Human Rights Watch estime que les personnes renvoyées sont exposées à des risques importants et dénonce l’insuffisance du dispositif d’accueil mis en place dans le pays.

Dans un communiqué publié le 21 septembre 2026, Human Rights Watch (HRW) alerte sur les conséquences des expulsions d’Haïtiens depuis les États-Unis après la fin de leur statut de protection temporaire (TPS). L’organisation s’appuie notamment sur une mission menée à Cap-Haïtien et sur des entretiens avec des personnes expulsées, des responsables haïtiens et des représentants d’organisations internationales.

Selon HRW, plus de 450 Haïtiens ont été expulsés des États-Unis vers Haïti depuis juillet. Beaucoup vivaient depuis plusieurs années aux États-Unis et certains avaient des procédures d’asile ou d’autres démarches migratoires en cours. Plusieurs ont également laissé derrière eux des conjoints ou des enfants, parfois citoyens américains.

L’organisation a interrogé 44 personnes expulsées arrivées à Cap-Haïtien à bord des deux premiers vols organisés après la fin du TPS, les 20 et 27 août. Elle a également observé le dispositif d’accueil à l’aéroport et rencontré des responsables des autorités haïtiennes ainsi que des représentants internationaux.

À leur arrivée, les personnes expulsées sont enregistrées par l’Office National de la Migration avec l’appui notamment de la police, de la Croix-Rouge haïtienne et de l’Organisation internationale pour les migrations. Elles reçoivent un repas, une boisson et une aide financière d’au moins 10 000 gourdes, soit environ 77 dollars. Mais au-delà de cette assistance immédiate, les autorités haïtiennes ne disposent pas, selon HRW, des moyens nécessaires pour assurer durablement leur hébergement, leur transport, leurs soins ou leur réintégration.

La situation est d’autant plus préoccupante que les personnes renvoyées arrivent dans un pays toujours marqué par une forte insécurité. HRW rappelle que 19 380 personnes au moins ont été tuées entre janvier 2023 et juin 2026 dans des violences impliquant des groupes criminels, des groupes d’autodéfense et les forces de sécurité, selon les Nations unies. Près de 1,5 million de personnes sont également déplacées à l’intérieur du pays, tandis que l’insécurité alimentaire touche une grande partie de la population.

Cap-Haïtien, où arrivent désormais les vols d’expulsion américains, est elle-même confrontée à d'importantes difficultés. La ville accueille déjà des dizaines de milliers de personnes déplacées par les violences et souffre de déficits en matière de logement, d’eau, d’électricité et de services de santé. L’aéroport de Port-au-Prince étant devenu difficilement accessible en raison de l’insécurité, Cap-Haïtien constitue actuellement le principal point d’entrée pour ces vols.

Le rythme des expulsions s’est par ailleurs accéléré. D’après les autorités haïtiennes citées par HRW, 474 personnes ont été renvoyées lors de cinq vols effectués entre le 20 août et le 17 septembre. Avant la fin du TPS, les États-Unis organisaient généralement environ un vol d’expulsion vers Haïti par mois.

Les témoignages recueillis par HRW font également état de difficultés rencontrées avant le renvoi. Plusieurs personnes disent avoir été détenues par les services américains de l’immigration, parfois alors qu’elles avaient des démarches migratoires en cours. Certaines affirment ne pas avoir pu contacter leur avocat ou comparaître devant un juge avant leur expulsion. L’organisation rapporte également des témoignages faisant état de conditions difficiles dans plusieurs centres de détention.

Pour HRW, ces expulsions soulèvent ainsi des questions concernant à la fois les conditions de détention aux États-Unis, les garanties procédurales et les risques encourus après le retour en Haïti. L’organisation rappelle que la Commission interaméricaine des droits de l’homme a appelé en août les États-Unis à évaluer individuellement les risques encourus par les personnes avant leur renvoi.

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