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L'absence prolongée de Paul Biya paralyse la diplomatie camerounaise
Parti en Europe le 7 juin, le président camerounais n'est toujours pas rentré à Yaoundé. Faute de savoir qui parle réellement en son nom, chancelleries et partenaires étrangers évitent désormais les dossiers sensibles
 

(AfriquesPlus) - Un État européen a récemment adressé un courrier à la présidence camerounaise pour obtenir des informations concrètes sur l'état de santé de Paul Biya, selon un article d'Yves Plumey Bobo publié dans Jeune Afrique, le 6 août 2026. La réponse jugée « vague » et « sans preuve » de la présidence n'aurait pas convaincu les diplomates à l'origine de cette démarche. De quoi illustrer le malaise croissant qui gagne certaines chancelleries depuis le départ du président en Suisse, le 7 juin, pour ce qui devait être un « court séjour privé en Europe ».

Plusieurs diplomates en poste à Yaoundé se disent convaincus que Paul Biya est hospitalisé en Suisse, malgré les démentis de la présidence. Si la durée du séjour ne pose selon eux aucune difficulté constitutionnelle, le véritable problème réside ailleurs. 

Plusieurs dossiers nécessitant un arbitrage présidentiel se retrouvent ralentis, voire suspendus, faute de certitude sur l'origine réelle des instructions transmises par les différents interlocuteurs de la présidence. Une source résume auprès de Jeune Afrique : les chancelleries « ne savent plus quel interlocuteur dispose encore d'un accès réel au chef de l'État », préférant désormais éviter les dossiers les plus sensibles avec leurs homologues camerounais.

Cette défiance dépasse les capitales occidentales et gagne aussi certains voisins du pays, à l'image de la Guinée équatoriale ou du Tchad, où plusieurs dossiers bilatéraux se retrouvent aujourd'hui suspendus faute de certitude sur la légitimité réelle des interlocuteurs camerounais.

Cette incertitude gagne également les milieux financiers. Une source au sein d'une agence de notation basée à Paris rapporte auprès du magazine, des sollicitations récurrentes de fonds d'investissement cherchant des informations sur la santé du président, des demandes difficiles à satisfaire tant les autorités suisses elles-mêmes n'auraient qu'un aperçu limité de la situation à Genève. 

Face à ces risques diplomatiques et financiers, la présidence camerounaise aurait transmis depuis Genève une consigne à ses principaux responsables : ne plus exposer publiquement leurs rivalités internes.

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