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La monarchie néerlandaise et l'héritage esclavagiste
Une vaste enquête révèle l’ampleur des bénéfices associés à l’esclavage au sein de la maison d’Orange-Nassau, principalement dans les anciennes Indes orientales néerlandaises. La monarchie aurait tiré 576 millions d’euros de l’esclavage
 

(AfriquesPlus) - Une enquête de grande ampleur met en lumière l’ampleur des bénéfices tirés de l’esclavage par la famille royale néerlandaise. Publiée le 2 octobre 2026 par DutchNews.nl, l’étude estime que la maison d’Orange-Nassau aurait perçu environ 576 millions d’euros liés à l’exploitation esclavagiste, principalement dans les anciennes Indes orientales néerlandaises.

Commandée en 2022 par le roi Willem-Alexander, l’enquête a mobilisé une soixantaine de chercheurs pendant près de quatre ans. Dirigée par l’historien Gert Oostindie, elle s’appuie notamment sur l’ouverture des archives royales et se déploie sur cinq volumes, pour un total d’environ 2 000 pages. Les chercheurs établissent que les souverains néerlandais, jusqu’à la reine Wilhelmine, considéraient globalement le colonialisme et l’esclavage comme légitimes et bénéfiques aux intérêts du royaume.

Le rapport apporte toutefois une distinction importante concernant l’implication directe des monarques. Les revenus provenant de la traite transatlantique furent relativement limités, non en raison d’une opposition à l’esclavage, mais parce que les souverains y jouèrent un rôle direct restreint. Guillaume Ier, au pouvoir de 1813 à 1840, est le seul monarque identifié comme ayant véritablement pesé sur la politique coloniale esclavagiste. Avant son règne, ces questions relevaient surtout des États généraux et de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Par la suite, le renforcement du Parlement réduisit progressivement la marge de manœuvre politique de la monarchie.

À la présentation du rapport à Leyde, Willem-Alexander a reconnu des conclusions « déchirantes » et « confrontantes », tout en affirmant sa volonté de tirer les leçons de cette histoire. Cette démarche prolonge les excuses officielles qu’il avait présentées en 2023 pour le rôle des Pays-Bas dans l’esclavage. Le roi avait également cessé d’utiliser une calèche royale dont l’un des panneaux peints représentait des scènes liées au passé colonial néerlandais.

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