Skip to main content
Tchad : la stratégie nationale de gouvernance des données validée, celle de l’IA en préparation
N’Djamena franchit une étape dans sa transformation numérique avec la validation de sa stratégie de gouvernance des données et la préparation d’un cadre national pour l’intelligence artificielle.
 

(Afriquesplus)- Le Tchad poursuit la structuration de sa politique numérique. La stratégie nationale de gouvernance des données a franchi l’étape de la validation technique, tandis que les autorités préparent une stratégie nationale consacrée à l’intelligence artificielle (IA). Dans un article publié le 12 octobre 2026, l’Agence Ecofin rapporte ces avancées, qui s’inscrivent dans la volonté du pays de faire du numérique un levier de modernisation de l’État et de développement économique.

La validation de la stratégie de gouvernance des données a été conduite lors d’un atelier organisé le 7 octobre à N’Djamena, avec l’appui de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA). La rencontre a réuni des représentants des institutions publiques, du secteur privé, du monde universitaire, de la société civile et des partenaires techniques et financiers.

Le document vise à établir un cadre national pour organiser la production, la gestion, le partage, la protection et l’utilisation des données. L’objectif est de passer d’une gestion fragmentée des informations à un système mieux coordonné, sécurisé et interopérable, capable de soutenir l’action publique et l’innovation.

Les données comme actif stratégique national

Pour les autorités tchadiennes, les données constituent une ressource stratégique au service de la modernisation de l’administration et du développement socio-économique. Le ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation, Haliki Choua Mahamat, a souligné l’ambition de faire de cette ressource un instrument d’amélioration de l’efficacité publique et de création de valeur.

La stratégie repose sur plusieurs axes complémentaires, notamment la coordination institutionnelle, le cadre juridique et réglementaire, la qualité et l’interopérabilité des données, les infrastructures numériques, la cybersécurité, la protection des données personnelles et le développement des compétences.

Elle identifie également plusieurs secteurs prioritaires, dont la santé, l’éducation, l’agriculture, l’élevage, la pêche, les mines, le pétrole et les télécommunications. La mise en place de systèmes de données fiables pourrait notamment faciliter la planification des politiques publiques, améliorer les services aux citoyens et favoriser le développement de nouveaux usages numériques.

Un diagnostic réalisé en mai 2026 avec l’appui de la CEA avait évalué à 30,27 % le niveau de maturité de la gouvernance des données au Tchad, selon l’outil d’autoévaluation de l’Union africaine. Les principales difficultés relevées concernaient notamment le cadre juridique, la coordination entre les institutions, l’interopérabilité des systèmes et le manque de compétences spécialisées.

 Une stratégie d’intelligence artificielle en préparation

Parallèlement, le gouvernement tchadien travaille à l’élaboration de sa stratégie nationale d’intelligence artificielle. Un atelier de prévalidation a été lancé le 8 octobre à N’Djamena, avec le soutien de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique.

Ce document doit définir les orientations du pays en matière de développement et d’utilisation de l’IA. Les travaux préparatoires visent à examiner le projet, à recueillir les propositions des participants et à formuler des recommandations avant sa soumission aux autorités gouvernementales.

La future stratégie doit tenir compte des capacités et des besoins du Tchad, tout en intégrant les questions éthiques et la protection des droits des citoyens. Elle n’a toutefois pas encore été définitivement adoptée.

La gouvernance des données et l’intelligence artificielle sont étroitement liées. Le développement d’applications fiables repose en effet sur la disponibilité de données de qualité, accessibles dans un cadre sécurisé et assorties de règles précises concernant leur utilisation.

 Le défi de la mise en œuvre

Pour le Tchad, l’enjeu dépasse désormais la seule adoption de documents stratégiques. La mise en œuvre effective de ces orientations nécessitera des moyens financiers, des infrastructures adaptées, une coordination entre les administrations et le renforcement des compétences nationales.

La protection des données personnelles et la sécurisation des systèmes d’information constituent également des conditions essentielles pour instaurer la confiance dans les services numériques.

L’appui de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique doit contribuer à accompagner cette transition, notamment par le partage d’expériences, le renforcement des capacités et l’alignement sur les cadres continentaux.

La validation de la stratégie de gouvernance des données marque ainsi une étape importante, mais les résultats dépendront de sa traduction en mesures concrètes. Quant à l’intelligence artificielle, son développement au Tchad reste conditionné à la finalisation du cadre stratégique et à la capacité du pays à transformer ses ambitions numériques en applications adaptées à ses priorités économiques et sociales.

 

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
ID
1751
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3