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Botswana : des entreprises chinoises sous surveillance américaine au cœur des systèmes de sécurité
Les groupes Hikvision et Dahua sont présents dans des dispositifs de vidéosurveillance de la police, des banques et d’institutions publiques du Botswana, selon une enquête de *Sunday Standard*.
 

(Afriquesplus)- Deux géants chinois de la vidéosurveillance, Hikvision et Dahua, ont développé une présence importante au Botswana, notamment dans des infrastructures liées à la sécurité publique, au secteur bancaire et aux institutions gouvernementales. Cette implantation soulève des interrogations sur la protection des données et la sécurité des systèmes sensibles, dans un contexte où les technologies de surveillance chinoises font l’objet d’une attention particulière dans plusieurs pays.

Dans une enquête publiée le 12 octobre 2026, le journal botswanais Sunday Standard révèle que les équipements de ces deux entreprises sont utilisés dans le réseau de vidéosurveillance de la police du Botswana, dans un système de caméras déployé à l’échelle nationale au sein du secteur bancaire, ainsi que dans plusieurs installations publiques.

Le média affirme avoir identifié, à partir de documents publics, de multiples usages de ces technologies dans des institutions dont les activités concernent la sécurité des personnes, la protection des opérations financières et la gestion d’infrastructures gouvernementales sensibles.

 La vidéosurveillance au cœur des préoccupations

L’utilisation de ces équipements soulève des questions sur la maîtrise des données collectées, les conditions d’accès aux images et les garanties entourant la sécurité des systèmes installés dans des institutions stratégiques.

Les dispositifs de vidéosurveillance peuvent contribuer à la prévention de la criminalité, à la protection des bâtiments et à la sécurisation des transactions. Toutefois, leur déploiement dans des infrastructures sensibles rend essentielles les garanties relatives au stockage des données, à leur traitement et à la prévention des accès non autorisés.

Selon *Sunday Standard*, les organismes publics concernés maintiennent confidentielles les cartes détaillées de leurs réseaux pour des raisons de sécurité nationale. L'enquête s'appuie néanmoins sur des documents accessibles au public pour établir l'étendue de l'utilisation des technologies de Hikvision et de Dahua.

Des entreprises controversées à l’étranger

Hikvision et Dahua font l'objet de contrôles et de restrictions dans certains pays, notamment aux États-Unis, où leurs activités sont examinées sous l'angle des risques pour la sécurité nationale. Leurs équipements suscitent également des préoccupations dans des pays voisins du Botswana, dont l'Afrique du Sud.

Ces controverses s'inscrivent dans un débat international plus large sur la dépendance des États aux technologies étrangères pour leurs infrastructures de sécurité. Au-delà de la nationalité des fournisseurs, les enjeux portent notamment sur la cybersécurité, la gouvernance des données et la capacité des autorités à contrôler les équipements utilisés dans leurs installations stratégiques.

La présence de ces entreprises au Botswana met ainsi en lumière les arbitrages auxquels sont confrontées les autorités : bénéficier de solutions technologiques destinées à renforcer la sécurité tout en veillant à la protection des informations sensibles.

L'enquête de *Sunday Standard* ne suffit toutefois pas, à elle seule, à établir que les équipements concernés ont été utilisés pour espionner des citoyens ou compromettre des systèmes bancaires. Elle met principalement en évidence leur implantation dans des infrastructures stratégiques et les questions de sécurité qui en découlent.

Le débat porte désormais sur les garanties techniques et institutionnelles nécessaires pour assurer la sécurité des systèmes de vidéosurveillance, protéger les données des citoyens et préserver la confiance dans les infrastructures publiques et financières du Botswana.

 

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