(AfriquesPlus) - Les chefs d’état-major et hauts responsables militaires africains veulent renforcer les mécanismes de coopération face à des menaces sécuritaires de plus en plus complexes. Réunis du 8 au 11 octobre 2026 à Kampala, en Ouganda, ils ont examiné les moyens d’adapter les capacités de défense du continent aux crises qui dépassent le cadre de la guerre conventionnelle.
Selon un rapport publié le 12 octobre 2026 par l’agence APA, sur la base d’informations diffusées par le groupe APO pour le compte du ministère kényan de la Défense, cette conférence inaugurale consacrée aux opérations militaires autres que la guerre a rassemblé des représentants de plus de 18 pays africains, de l’Union africaine et d’organisations régionales. Des responsables de missions de soutien à la paix des Nations unies et de l’Union africaine y ont également pris part.
Les discussions ont porté sur les réponses à apporter au terrorisme, aux cybermenaces, à la criminalité transnationale organisée et aux urgences liées au climat. Ces défis, qui affectent la stabilité des États et des régions, nécessitent, selon les participants, des forces de défense capables d’intervenir dans des contextes variés, notamment lors de crises humanitaires et de catastrophes.
Placée sous le thème du renforcement des réponses militaires non combattantes et adaptables face aux menaces émergentes, la rencontre a notamment mis l’accent sur le partage de renseignements, l’entraînement conjoint et les mécanismes d’alerte précoce. Les participants ont également plaidé pour une meilleure coordination entre les institutions, l’harmonisation des doctrines opérationnelles et le développement de capacités militaires interopérables.
L’objectif est de permettre aux forces armées africaines de mener des interventions plus rapides et mieux coordonnées, y compris lorsque les crises dépassent les frontières nationales. La coopération civilo-militaire a également figuré parmi les priorités évoquées au cours des échanges.
Les droits humains au cœur des opérations
Au-delà des capacités opérationnelles, les responsables militaires ont insisté sur la nécessité d’intégrer le respect des droits humains, la responsabilité des forces engagées et la protection des civils dans les interventions. Ces exigences concernent particulièrement les opérations de secours en cas de catastrophe, les urgences humanitaires et les missions qui ne relèvent pas directement du combat.
Le président ougandais, Yoweri Museveni, qui a prononcé l’allocution principale, a pour sa part souligné les liens entre sécurité nationale, développement économique et intégration régionale. Il a estimé que la solidité des capacités de défense dépendait également de fondements économiques durables, appelant les pays africains à rapprocher leurs priorités sécuritaires des objectifs de création de richesses et de développement industriel.
La conférence a débouché sur la décision de créer un mécanisme institutionnel chargé de coordonner et de suivre l’application des recommandations adoptées. L’Ouganda accueillera le secrétariat de cette structure, tandis que le forum se réunira tous les deux ans afin d’évaluer les progrès réalisés et de poursuivre les efforts de coopération.
Pour les Forces de défense du Kenya, représentées à Kampala par le commandant de l’armée de terre, le lieutenant-général David Ketter, cette rencontre a également constitué une occasion de contribuer au dialogue continental sur la défense et de consolider les partenariats militaires.
Cette initiative vise ainsi à inscrire davantage la coopération entre les forces de défense africaines dans la durée, face à des risques qui appellent des réponses dépassant les moyens d’un seul pays.