(AfriquesPlus) - Les États-Unis veulent renforcer la présence de leurs entreprises en Côte d’Ivoire, où la croissance économique et les investissements dans les infrastructures ouvrent de nouvelles perspectives commerciales. Dans son rapport 2026 sur le climat des affaires, le Département d’État américain met en avant les atouts du marché ivoirien et les secteurs susceptibles d’intéresser les investisseurs américains.
Selon ce document, l’économie ivoirienne a enregistré une croissance moyenne annuelle de 6,4 % au cours de la dernière décennie, avec une progression du produit intérieur brut (PIB) de 6,5 % en 2024. Cette dynamique place le pays parmi les marchés les plus attractifs d’Afrique de l’Ouest, notamment dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture, des infrastructures, des mines et des technologies numériques.
Les perspectives d’investissement sont également liées au Plan national de développement (PND) 2026-2030, qui prévoit un volume global de 206 milliards de dollars d’investissements, dont plus de 70 % devraient provenir du secteur privé. Pour Washington, ces projets représentent des débouchés potentiels pour les entreprises américaines spécialisées dans les équipements, les technologies et les services.
Le rapport souligne par ailleurs la place croissante de la Côte d’Ivoire dans les secteurs énergétique et logistique. Les découvertes de pétrole et de gaz offshore, l’exploitation de ressources minières comme l’or, le lithium et le cobalt, ainsi que la modernisation des infrastructures de transport renforcent l’attractivité du pays pour les opérateurs économiques.
Abidjan, une porte d’entrée sur les marchés régionaux
Les infrastructures portuaires constituent un autre atout mis en avant par le Département d’État américain. En 2024, le port d’Abidjan a traité plus de 40 millions de tonnes de marchandises, soit une hausse de 15,6 % par rapport à 2023. Le trafic de conteneurs a, pour sa part, progressé de 33 % sur la même période.
Ces performances renforcent le rôle de la Côte d’Ivoire dans les échanges commerciaux en Afrique de l’Ouest. La position géographique du pays et ses corridors de transport offrent aux entreprises un accès à plusieurs marchés régionaux, au-delà du seul territoire ivoirien.
Le rapport relève également le potentiel de l’économie numérique, porté par les efforts d’élargissement de l’accès au haut débit, le développement des services numériques et le soutien à l’entrepreneuriat technologique. Ces évolutions ouvrent des perspectives dans les télécommunications, les solutions numériques et les services aux entreprises.
Le chargé d’affaires américain en Côte d’Ivoire, Junaid Munir, a salué la publication du document et appelé les entreprises de son pays à saisir les possibilités offertes par le marché ivoirien. Il a notamment souligné que la croissance économique du pays pouvait favoriser les ventes de produits, de technologies et de services américains.
Enjeu commercial autour du sommet de 2027
Cette démarche intervient alors que la Côte d’Ivoire doit accueillir en 2027 le Sommet des affaires États-Unis–Afrique. Washington entend profiter de ce rendez-vous pour encourager une participation importante de ses entreprises et leur permettre d’explorer directement les possibilités d’investissement et de partenariat.
Publié chaque année, le rapport du Département d’État vise à éclairer les décisions des entreprises américaines sur les marchés étrangers. Dans le cas ivoirien, il met en avant les perspectives liées à la croissance, aux ressources naturelles, aux infrastructures et à la transformation numérique.
Au-delà de la présentation des opportunités économiques, cette publication traduit la volonté américaine de consolider les relations commerciales avec Abidjan. Reste à voir dans quelle mesure les entreprises américaines convertiront cet intérêt en investissements concrets face aux autres acteurs internationaux déjà présents sur le marché ivoirien.