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Centrafrique, le journaliste qui a fait tomber la propagande de Wagner désormais menacé d'expulsion de France
« Si je retourne en Centrafrique, je sais ce qui m'attend ». Dans un témoignage recueilli par Libération, Ephrem Yalike-Ngonzo raconte sa traque et son exil sans issue après le rejet de sa demande d'asile
 

(AfriquesPlus) - Ancien collaborateur rémunéré du groupe paramilitaire Wagner devenu lanceur d'alerte, le journaliste centrafricain Ephrem Yalike-Ngonzo, exfiltré en France en 2024, s'est vu débouté de sa demande d'asile fin mars 2026. Une décision révélée début juillet et documentée par Maria Malagardis dans Libération, publié le 3 août 2026.

Recruté en 2019 par un agent russe de désinformation, le journaliste avait accepté, contre rémunération, de publier des articles favorables à Wagner et de servir de relais auprès des médias locaux. « Quand on accepte de travailler avec eux, ils ne vous lâchent plus », confie-t-il, décrivant « les faux articles à la gloire de la présence russe, la censure sur leurs exactions, les fausses manifestations contre les pays occidentaux ».

La rupture survient en 2022, après avoir découvert la manipulation d'un reportage sur deux bergers agressés. Accusé d'avoir fait fuiter l'information à la presse locale, il est enlevé, interrogé dans une voiture, un revolver posé entre lui et son ravisseur. Il fuit finalement le pays en pirogue en 2024, avec l'appui de la PPLAAF et de Forbidden Stories.

L'Ofpra reconnaît pourtant les risques de représailles en cas de renvoi, mais justifie son rejet par sa collaboration passée avec Wagner. Une décision jugée sans précédent par Lou Osborn, de l'ONG All Eyes on Wagner : « Il n'y a donc pas réellement de précédent concernant cette décision. »

Face à cette menace, le journaliste confie : « Si je retourne en Centrafrique, je sais ce qui m'attend [...] je préférerais m'octroyer moi-même une mort plus sereine. » Pour l'avocat Henri Thulliez, ce rejet envoie « un mauvais signal » à tous les lanceurs d'alerte africains.

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