(AfriquesPlus) - Dans cet article publié le 8 août 2026 sur Eurasia Review, Mohamed Chtatou, professeur en sciences de l'éducation à Rabat et analyste politique spécialisé sur le Maghreb, revient sur l'entrée officielle de Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football, au sein du Parti authenticité et modernité (PAM). Cette adhésion, annoncée le 25 juillet 2026 lors du Conseil national du parti à Salé, intervient à quelques semaines des législatives marocaines du 23 septembre 2026, où le PAM affiche l'ambition de terminer en tête du scrutin.
L'auteur y développe l'hypothèse d'un « gouvernement Coupe du monde 2030 », expression popularisée selon lui par une partie de la presse marocaine et internationale. Il cite notamment Le Monde, qui avait décrit Lekjaa comme endossant le costume d'un potentiel chef de gouvernement. Chtatou analyse dans son article la trajectoire de Lekjaa comme la convergence de quatre dynamiques structurelles : la technocratisation croissante de la gouvernance marocaine, la politisation du football comme vecteur de légitimité populaire, la centralité stratégique du Mondial 2030 co-organisé par le Maroc, l'Espagne et le Portugal, et la recherche par les partis d'une nouvelle génération de dirigeants alliant efficacité administrative et popularité.
Chtatou insiste, dans cette même analyse du 8 août 2026, sur la prudence méthodologique nécessaire : rien, écrit-il, ne permet d'affirmer que Lekjaa a été formellement désigné ou préparé par « l'establishment » marocain pour diriger le futur gouvernement. Il rappelle le cadre constitutionnel - l'article 47 de la Constitution marocaine - qui conditionne la nomination du chef du gouvernement à la victoire électorale du parti dont il est issu, et souligne que la candidature de Lekjaa dans sa ville natale de Berkane n'était pas encore officiellement confirmée par le parti au moment de la parution de l'article.
Enfin, l'auteur identifie plusieurs risques structurels à cette trajectoire : personnalisation excessive du pouvoir, confusion entre performance sectorielle et compétence politique globale, faiblesse de l'ancrage militant local, poids des attentes publiques démesurées, et questions de séparation des fonctions entre gestion sportive et responsabilités gouvernementales. Chtatou conclut, dans cet article du 8 août 2026 pour Eurasia Review, que l'échéance électorale du 23 septembre 2026 constituera le véritable test de la capacité de Lekjaa à convertir son capital technocratique et populaire en légitimité électorale durable.