(AfriquesPlus) - Renversé en septembre 1979 avec l’appui de la France, Jean-Bédel Bokassa a connu un long exil entre la Côte d’Ivoire et les Yvelines. Dans un portrait publié le 13 juillet 2026 dans Le Monde, le journaliste Benoît Vitkine revient sur les années françaises de l’ancien empereur centrafricain, installé à partir de 1983 dans son château d’Hardricourt.
Arrivé au pouvoir par un coup d’État en 1966, Bokassa s’était proclamé empereur en 1977. Sa chute intervient alors qu’il se trouve en Libye, auprès de Mouammar Kadhafi. Le retour de David Dacko à Bangui, soutenu par Paris, met fin à treize années de pouvoir personnel et ouvre une période d’exil pour l’ancien dirigeant.
À Hardricourt, Bokassa vit entouré d’une partie de ses enfants dans une résidence qui conserve les signes de sa grandeur passée, mais où les difficultés matérielles s’accumulent. Sa fille Marie-France Bokassa a décrit une vie familiale marquée par l’autoritarisme et la peur, évoquant un père qui « distribuait ordres et punitions ».
En 1986, l’ancien empereur rentre volontairement en Centrafrique, où il est aussitôt arrêté puis jugé. Condamné à mort, sa peine est ensuite commuée avant sa libération en 1993. Mort trois ans plus tard, Jean-Bédel Bokassa demeure une figure controversée de l’histoire centrafricaine, dont l’ombre plane encore sur son ancien palais de Bérengo.