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Les attaques contre les forces de sécurité font craindre une nouvelle escalade au Nigeria
Dans l’État du Plateau, plusieurs agents de sécurité ont été tués récemment, notamment à Kuru et Riyom. Cette série d’attaques ravive les inquiétudes sur la capacité des autorités à protéger les populations et les infrastructures sensibles.
 

(AfriquesPlus) - Plusieurs attaques récentes visant des agents de sécurité et des groupes d’autodéfense communautaires dans l’État du Plateau suscitent de nouvelles inquiétudes sur l’évolution de l’insécurité dans cette région du centre du Nigeria. La multiplication de ces attaques contre ceux chargés de protéger les populations fait craindre un durcissement de la crise, alors que les autorités poursuivent leurs opérations pour reprendre le contrôle des zones affectées.

L’attaque contre le National Institute for Policy and Strategic Studies (NIPSS), à Kuru, près de Jos, le 16 juin 2026, a illustré cette nouvelle vulnérabilité. Trois agents de sécurité, dont deux militaires et un policier selon plusieurs sources, ont été tués lorsque des hommes armés ont attaqué l’institution. La police de l’État du Plateau a confirmé la mort de trois personnels de sécurité et annoncé le renforcement du dispositif autour du site.

Dans un article publié le 9 août 2026, le journaliste Nathaniel Gbaoron, correspondant de BusinessDay dans l’État du Plateau, souligne que cette attaque s’inscrit dans une série d’incidents récents visant directement les personnels de sécurité et les groupes d’autodéfense. Selon son analyse, cette évolution constitue un signal préoccupant pour une région confrontée depuis plusieurs années à des violences communautaires et à des attaques armées.

L’attaque du NIPSS avait été contenue par les forces de sécurité avant que les assaillants ne puissent pénétrer davantage dans l’établissement. Quelques jours plus tard, le gouvernement fédéral a ordonné une révision du dispositif de sécurité autour de l’institut et d’autres infrastructures stratégiques, avec notamment le renforcement de la surveillance et des contrôles d’accès.

La situation est également préoccupante dans la zone de gouvernement local de Riyom. Nathaniel Gbaoron rapporte notamment l’attaque contre des membres d’un groupe d’autodéfense dans la communauté de Jol, où trois frères engagés dans la surveillance locale ont été tués lors d’une attaque nocturne. Le président du conseil local, Bature Shuwa, a demandé une intervention accrue du gouvernement fédéral, estimant que la situation sécuritaire avait atteint un niveau alarmant.

Cette attaque est intervenue dans un contexte marqué par d’autres incidents contre des patrouilles de sécurité dans la région. Selon BusinessDay, des agents engagés dans une opération de surveillance dans le district de Ganawuri ont été pris pour cible, certains ayant été tués et leur matériel de service emporté.

Les autorités ont depuis intensifié les opérations dans la zone. Des militaires relevant du secteur 6 de l’opération Enduring Peace ont notamment procédé à l’arrestation de 19 personnes à Tongoron, dans le Riyom, dans le cadre d’une opération de ratissage menée après une attaque contre une patrouille.

Pour les autorités locales, la nature des attaques semble évoluer. Les groupes armés ne s’en prennent plus seulement aux communautés rurales et aux populations civiles, mais cherchent également à neutraliser ceux qui participent à leur protection. Cette situation accroît mécaniquement la vulnérabilité des populations, notamment dans les zones rurales où les dispositifs de sécurité institutionnels restent limités.

La crise sécuritaire du Plateau ne constitue toutefois pas un phénomène récent. L’État est confronté depuis plus de deux décennies à des violences liées notamment aux conflits communautaires, aux représailles, aux déplacements de populations et à la destruction de terres agricoles. Dans les zones rurales, cette insécurité a également des conséquences économiques importantes : la peur des attaques peut empêcher les agriculteurs d’accéder à leurs exploitations, avec des effets sur la production alimentaire et les prix.

Les autorités fédérales, étatiques et locales ont renforcé leurs moyens pour tenter de contenir la situation. Outre les opérations militaires, les administrations locales travaillent sur le renseignement et les moyens logistiques destinés aux forces de sécurité. À Riyom, le président du conseil local a notamment remis un véhicule de patrouille à la police afin de renforcer sa capacité d’intervention.

Mais pour certains observateurs, les réponses sécuritaires ponctuelles ne suffisent pas à traiter les causes profondes de la crise. Le professeur Wilfred Uji, historien de l’économie à la Federal University of Lafia, estime ainsi que les violences révèlent des faiblesses plus structurelles de l’appareil de sécurité nigérian. Il met notamment en cause ce qu’il considère comme un manque de volonté politique pour s’attaquer durablement aux groupes armés et à leurs réseaux de soutien.

Cette analyse rejoint la principale interrogation soulevée par Nathaniel Gbaoron dans BusinessDay le 9 août : si les agents de sécurité et les groupes d’autodéfense chargés de protéger les communautés deviennent eux-mêmes des cibles privilégiées, la capacité de l’État à garantir la sécurité des populations se trouve directement mise à l’épreuve.

L’enjeu dépasse donc désormais la seule réponse à des attaques isolées. Pour les autorités nigérianes, il s’agit de restaurer durablement la sécurité dans les zones touchées, de renforcer le renseignement et la protection des infrastructures sensibles, mais aussi de rétablir la confiance des populations. Dans le Plateau, la multiplication des attaques contre les défenseurs des communautés montre surtout que les opérations ponctuelles ne suffiront pas, à elles seules, à enrayer le cycle de violence.

Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
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