(AfriquesPlus) - Le principal parti d’opposition ghanéen, le New Patriotic Party (NPP), demande au président John Mahama de ne pas promulguer le Ghana Cocoa Board Bill, 2026, adopté récemment par le Parlement. La formation politique souhaite que le texte soit renvoyé aux députés afin de permettre une consultation plus large des producteurs de cacao et des autres acteurs de la filière.
Dans un article publié le 9 août 2026, Albert Kuzor de JoyNews rapporte que le NPP juge l’adoption du projet de loi précipitée et insuffisamment concertée avec les principales parties prenantes du secteur cacaoyer. Le parti estime que le processus parlementaire n’a pas laissé suffisamment de temps aux producteurs, propriétaires fonciers et autres acteurs concernés pour faire part de leurs observations.
La demande a été formulée dimanche 9 août par Isaac Yaw Opoku, membre de la commission de l’Agriculture du Parlement et coprésident du comité politique du NPP chargé de l’agriculture. Lors d’une conférence de presse au siège du parti, il a appelé le chef de l’État à retenir son assentiment et à retourner le texte au Parlement.
Selon le responsable de l’opposition, le projet de loi a été déposé devant les députés le 28 juillet avant d’être adopté au cours de la même semaine. Un délai que le NPP juge trop court pour permettre une véritable concertation sur une réforme susceptible d’avoir des conséquences importantes pour l’industrie du cacao.
Le texte prévoit notamment l’abrogation du Ghana Cocoa Board Law, 1984 (PNDC Law 81) et une nouvelle organisation du cadre régissant le Ghana Cocoa Board. Il introduit notamment de nouvelles dispositions en matière de gouvernance, prévoit la création d’un tribunal et établit de nouvelles infractions.
« Nous demandons au président de retenir son assentiment au Ghana Cocoa Board Bill, 2026 et de le renvoyer au Parlement pour une consultation plus large des parties prenantes », a déclaré Isaac Yaw Opoku, cité par JoyNews.
Des inquiétudes sur l’arrachage des cacaoyers
Le NPP s’inquiète également d’une disposition relative à la destruction ou à l’arrachage des cacaoyers. Le parti conteste notamment l’obligation qui pourrait être imposée aux producteurs d’obtenir une autorisation préalable avant de supprimer certains arbres.
Pour Isaac Yaw Opoku, une telle exigence risque de limiter la capacité des agriculteurs à gérer leurs propres exploitations. Il cite notamment les situations dans lesquelles des producteurs doivent retirer des arbres malades, improductifs ou arrivés en fin de cycle.
Le responsable du NPP s’interroge ainsi sur la nécessité pour les producteurs de solliciter au préalable l’autorisation du Ghana Cocoa Board pour enlever des arbres qu’ils considèrent comme impropres à la production.
Pour l’opposition, les dispositions qui touchent directement aux pratiques et aux droits des producteurs doivent faire l’objet d’un examen approfondi avant leur éventuelle entrée en vigueur. Le parti estime qu’une réforme de cette portée ne peut être adoptée sans une consultation substantielle des acteurs directement concernés.
Au-delà des dispositions contestées, le parti d’opposition met en garde contre les conséquences que pourrait avoir le nouveau cadre législatif sur l’avenir de la filière. Il estime que les effets de la réforme pourraient dépasser les producteurs actuellement en activité et toucher durablement l’organisation et les perspectives du secteur cacaoyer.
Le NPP demande ainsi au président Mahama de renvoyer le texte au Parlement afin que les députés puissent procéder à un nouvel examen, accompagné de consultations avec les producteurs et les autres parties prenantes.
À travers cette démarche, l’opposition entend obtenir un processus législatif qu’elle juge plus inclusif avant toute décision définitive sur la réforme du Ghana Cocoa Board. Le gouvernement et la majorité parlementaire n’ont pas, dans les éléments rapportés par JoyNews, répondu aux critiques formulées par le NPP.
Le débat intervient alors que le cacao occupe une place majeure dans l’économie ghanéenne et constitue une source importante de revenus pour des milliers de producteurs. Toute modification du cadre réglementaire de la filière revêt ainsi des enjeux à la fois agricoles, économiques et sociaux pour le pays.