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Santé, l’Afrique progresse, mais reste vulnérable face aux futures pandémies
Les pays du continent ont renforcé leur préparation depuis 2021 sur les menaces sécuritaires, mais d’importantes fragilités persistent, notamment en matière de biosécurité, de sécurité biologique, de financement et de risques climatiques
 

(AfriquesPlus) - Dans une analyse publiée le 10 août 2026 sur Risky Business, le blog de la Nuclear Threat Initiative (NTI), Alex Kyabarongo, du programme Global Biological Policy and Programs de la NTI, s’appuie sur les résultats du 2026 Africa Health Security Index pour dresser un état des lieux des capacités africaines face aux menaces sanitaires. Le constat est contrasté : les pays du continent ont renforcé leur préparation depuis 2021, mais d’importantes fragilités persistent, notamment en matière de biosécurité, de sécurité biologique, de financement et de risques climatiques.

L’indice, élaboré par la NTI avec plusieurs partenaires internationaux et africains, mesure les capacités des 54 pays du continent dans différents domaines liés à la sécurité sanitaire. La moyenne africaine atteint désormais 41,5 points sur 100, contre 32,4 en 2021, soit une progression de 9,1 points. Surtout, 52 des 54 pays africains ont amélioré leur score d’au moins un point depuis 2021. Les progrès concernent notamment la prévention, la détection et le signalement des maladies, la réponse aux crises et le renforcement des systèmes de santé.

Pour la présidente-directrice générale de la NTI, Christine E. Wormuth, l’enjeu est désormais de transformer ces données en décisions concrètes : « Mon espoir est que cet indice serve d’outil précieux aux gouvernements, aux partenaires et aux bailleurs de fonds de la région, afin de guider les investissements dans la santé publique et de renforcer la préparation régionale. »

Ces avancées ne doivent toutefois pas masquer les faiblesses structurelles du continent. Le score moyen lié à l’environnement de risque se dégrade depuis 2019, signe de vulnérabilités persistantes en matière de sécurité, d’infrastructures et de santé publique. La biosécurité et la sécurité biologique apparaissent comme deux des principaux points faibles, avec des scores moyens respectifs de 14,9 et 18,2 sur 100. À cela s’ajoute l’exposition croissante aux conséquences du changement climatique : 54 % des pays africains présentent un niveau de risque économique élevé ou très élevé lié aux catastrophes naturelles.

Le contexte sanitaire demeure d’autant plus préoccupant que l’Afrique fait face à des menaces multiples et de plus en plus imbriquées : flambées épidémiques, risques sanitaires liés au climat et nouvelles préoccupations de biosécurité associées aux progrès technologiques. L’auteur souligne ainsi que les capacités construites ces dernières années devront être entretenues et adaptées à un environnement sanitaire mondial devenu plus complexe.

L’enjeu n’est donc plus seulement de disposer de systèmes capables de détecter une crise, mais de pouvoir les mobiliser rapidement et durablement. Shanelle Hall, conseillère principale auprès du directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), résume cette étape à franchir : « Le développement de l’Indice a été adapté au contexte africain, et il est encourageant de constater des améliorations significatives des capacités régionales de sécurité sanitaire. La prochaine étape importante consiste à garantir que ces capacités renforcées soient effectivement mises en œuvre pour répondre à des menaces sanitaires en constante évolution. »

Le rapport appelle notamment à consacrer davantage de moyens à la recherche sur les maladies infectieuses, à la préparation et à la réponse aux pandémies, tout en intégrant systématiquement des ressources dédiées à la biosécurité et à la sécurité biologique. Il recommande également de renforcer les financements nationaux et internationaux, d'élargir les réseaux de surveillance et d’alerte précoce et de développer la surveillance environnementale, notamment à travers les eaux usées.

Une autre priorité concerne la coopération entre les États. L’Index préconise de formaliser les mécanismes permettant aux pays de travailler ensemble lors des épidémies et d’harmoniser les procédures d’autorisation d’urgence afin d’accélérer l’accès aux technologies médicales. Le renforcement des capacités africaines de production de médicaments et de moyens de lutte contre les maladies doit également accompagner cette stratégie.

Au-delà des chiffres, l’étude défend une idée simple : mesurer les capacités sanitaires permet d’identifier les failles avant qu’une nouvelle crise ne les révèle brutalement. Mais les progrès constatés depuis 2021 ne pourront être consolidés sans investissements réguliers, coopération régionale et engagement politique. Pour l’Afrique, la préparation aux prochaines pandémies se joue donc autant dans les laboratoires et les systèmes de surveillance que dans la capacité des États à financer durablement leurs infrastructures sanitaires.

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