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L'Afrique à la croisée des chemins dans le nouvel ordre mondial
Le continent n’est plus seulement perçu comme un espace d’aide ou de solidarité internationale. Elle devient progressivement un terrain majeur de compétition géopolitique
 

(AfriquesPlus) - L’Afrique n’est plus seulement perçue comme un espace d’aide ou de solidarité internationale. Elle devient progressivement un terrain majeur de compétition géopolitique. C’est le constat dressé par Tariq Khan dans une analyse publiée le 11 août 2026 par Modern Diplomacy, consacrée au repositionnement du continent dans les rapports de force internationaux.

Avec 55 États, plus d’un milliard d’habitants et la population la plus jeune du monde, l’Afrique dispose d’atouts considérables pour peser davantage dans les affaires internationales. Mais cette importance stratégique contraste avec les fragilités persistantes du continent : instabilité politique, conflits, dépendance économique, faiblesse institutionnelle et gouvernance contestée.

Sur le plan économique, l’auteur souligne pourtant une dynamique favorable. Selon les projections du FMI citées dans l’article, l’Afrique subsaharienne devrait enregistrer une croissance d’environ 4,3 % en 2026, tandis que le PIB nominal du continent pourrait atteindre 3 300 milliards de dollars. Des pays comme l’Éthiopie, la Guinée, l’Ouganda, le Rwanda et le Bénin pourraient même dépasser les 7 % de croissance. Mais cette progression reste fragile, car elle repose encore largement sur l’exploitation des ressources naturelles et ne se traduit pas nécessairement par une transformation structurelle des économies.

C’est notamment autour des ressources stratégiques que se joue une nouvelle bataille d’influence. Cuivre, cobalt, manganèse ou lithium placent l’Afrique au cœur de la transition énergétique mondiale. La Chine demeure son premier partenaire commercial et cherche à renforcer sa présence dans les infrastructures, les énergies renouvelables et le numérique. Pour Tariq Khan, cette situation expose toutefois le continent au risque de rester enfermé dans une relation fondée sur l’exportation de matières premières.

La question sécuritaire constitue l’autre grande faiblesse. Le Sahel illustre cette contradiction. Les coups d’État au Mali, au Burkina Faso et au Niger, la création de l’Alliance des États du Sahel et le recul de la coopération régionale ont profondément transformé les équilibres. Dans le même temps, les groupes jihadistes continuent d’étendre leur influence, faisant peser une menace croissante sur les pays du Golfe de Guinée. « L’Afrique peut être à la fois une puissance économique montante et un espace de crises sécuritaires. »

Sur le plan diplomatique, le continent cherche néanmoins à sortir d’une position de dépendance. L’entrée de l’Union africaine au G20 en 2023 et l’intérêt de plusieurs pays pour les BRICS témoignent d’une volonté de diversifier les partenariats entre les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Europe et les puissances du Golfe. Cette stratégie de non-alignement pourrait offrir aux pays africains davantage de marge de négociation sur la dette, le commerce et la sécurité.

Mais cette ambition se heurte à une faiblesse majeure : l’incapacité des États africains à parler toujours d’une même voix. La multiplication des crises politiques, les restrictions de l’espace civique et les coups d’État traduisent, selon l’auteur, une crise plus profonde de légitimité. L’enjeu n’est donc plus seulement de compter dans le monde, mais de disposer des moyens politiques et institutionnels pour défendre ses propres intérêts.

L’auteur voit notamment dans la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) un instrument permettant au continent de renforcer son autonomie, en développant le commerce intra-africain et en réduisant sa dépendance envers les partenaires extérieurs. Mais cette ambition suppose aussi de renforcer la crédibilité de l’Union africaine et des organisations régionales.

En définitive, l’analyse de Tariq Khan, publiée le 11 août 2026 dans Modern Diplomacy, présente une Afrique placée devant un choix historique. Le continent possède les ressources, les marchés, la démographie et désormais une place diplomatique croissante. Reste à transformer cette importance stratégique, largement reconnue par les puissances étrangères, en véritable capacité d’action stratégique africaine. La réponse dépendra, selon l’auteur, de trois priorités : améliorer la gouvernance, accélérer l’intégration régionale et diversifier les économies.

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