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Où partent les joueurs migrants ?
Une étude de l'Observatoire du football du CIES, portant sur 135 championnats dans 88 pays, dresse la cartographie des migrations de joueurs professionnels. Le Nigeria domine en Afrique de l'Ouest, la France en Europe
 
  • https://www.youtube.com/watch?v=UE-HtF_t1sc

(AfriquesPlus) - Le football professionnel demeure l'un des marchés du travail les plus mondialisés, avec des milliers de joueurs quittant chaque année leur pays d'origine pour poursuivre leur carrière à l'étranger. C'est le constat dressé par l'Observatoire du football du CIES (Centre international d'étude du sport), dans une analyse portant sur 135 championnats répartis dans 88 pays et couvrant plus de 17 000 joueurs migrants.

Selon Loïc Ravenel, responsable de l'étude, trois grands bassins de production de talents se dégagent de cette cartographie mondiale : l'Europe, l'Afrique de l'Ouest et l'Amérique du Sud. L'Observatoire précise toutefois que la contribution réelle du continent africain est probablement sous-estimée, l'échantillon ne comptant qu'un nombre restreint de championnats affiliés à la CAF, contre 83 ligues européennes rattachées à l'UEFA.

L'Europe s'impose à la fois comme le principal marché d'accueil et comme un foyer d'exportation majeur. La France y occupe une place de choix, avec plus de 1 200 joueurs évoluant hors de ses frontières, loin devant l'Espagne, l'Angleterre et l'Allemagne.

En Afrique de l'Ouest, région centrale des migrations footballistiques du continent, le Nigeria arrive en tête, suivi du Ghana, du Sénégal et de la Côte d'Ivoire. À l'inverse, de nombreux autres pays africains restent en marge de ces circuits internationaux.

Sur le continent sud-américain, le Brésil et l'Argentine dominent également le classement mondial, chacun comptant plus de 1 000 joueurs expatriés. En Asie en revanche, seuls le Japon, l'Australie et la Corée du Sud exportent des joueurs à grande échelle, la Chine et l'Inde restant largement absentes de ces flux.

L'étude souligne un enseignement clé : l'ampleur des migrations de joueurs dépend moins du poids démographique d'un pays que de la solidité de ses systèmes de formation, de sa culture footballistique et de ses réseaux internationaux.

Le CIES relève enfin que, malgré des volumes d'exportation comparables, les trajectoires diffèrent nettement selon les pays. Les joueurs brésiliens rayonnent à l'échelle mondiale, les Français restent majoritairement cantonnés au marché européen, tandis que les Argentins demeurent fortement concentrés en Amérique du Sud.

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