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À Bujumbura, l’Union africaine mise sur les jeunes et les femmes pour prévenir les conflits
L’accent est particulièrement mis sur la gouvernance responsable des ressources naturelles, dans un contexte continental marqué par les effets du changement climatique et l’aggravation des tensions autour de l’accès à l’eau
 

(AfriquesPlus) - L’Union africaine (UA) et le gouvernement burundais ont ouvert, le 10 août à Bujumbura, la cinquième édition du Dialogue continental sur la jeunesse, la paix et la sécurité (YPS) et les femmes, la paix et la sécurité (WPS). Organisée sous le haut patronage du président burundais Évariste Ndayishimiye, également président en exercice de l’UA et champion de l’agenda Jeunesse, paix et sécurité, la rencontre se poursuit jusqu’au 12 août au palais présidentiel de Kiriri.

Placée sous le thème « Eau, paix et leadership inclusif en Afrique », la rencontre entend mettre en lumière le rôle stratégique des jeunes et des femmes dans la prévention des conflits, la gestion des crises et la construction d’une paix durable. L’accent est particulièrement mis sur la gouvernance responsable des ressources naturelles, dans un contexte continental marqué par les effets du changement climatique et l’aggravation des tensions autour de l’accès à l’eau.

Pour l’organisation panafricaine, les questions liées à l’eau ne peuvent plus être dissociées des enjeux de sécurité. La raréfaction des ressources, les pressions démographiques, les déplacements de populations et les déficits de gouvernance peuvent accentuer les tensions locales et favoriser l’émergence ou l’aggravation des conflits. Les jeunes, les femmes et les filles sont souvent parmi les premières populations exposées à ces conséquences, mais constituent également des acteurs essentiels des réponses communautaires.

Le dialogue vise ainsi à dépasser l’écart entre les engagements pris par les États africains et leur mise en œuvre concrète. L’un des objectifs affichés consiste à renforcer la place des femmes et des jeunes dans les mécanismes officiels de prévention et de résolution des conflits, mais aussi dans les instances chargées de la gestion des ressources.

La rencontre réunit un éventail important d’acteurs africains et internationaux. Parmi eux figurent des responsables de l’Union africaine, des membres du Conseil de paix et de sécurité, des représentants des communautés économiques régionales, des diplomates, des organisations internationales, des universitaires ainsi que des représentants de la société civile. Des femmes engagées dans la médiation et la consolidation de la paix participent également aux travaux, notamment à travers le réseau FemWise-Africa et le Forum régional des femmes de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.

La jeunesse occupe une place particulière dans cette rencontre intergénérationnelle. Des Ambassadeurs africains de la jeunesse pour la paix, le réseau WiseYouth, l’Union panafricaine de la jeunesse, des conseils nationaux de jeunesse, des organisations de la société civile et des représentants de la diaspora africaine sont associés aux discussions. Des influenceurs et créateurs de contenus figurent également parmi les participants, avec l’objectif de renforcer la visibilité des initiatives de paix portées par les jeunes.

Cette mobilisation s’inscrit dans la volonté de l’UA d’institutionnaliser davantage l’agenda « Jeunesse, paix et sécurité ». L’organisation souhaite notamment renforcer la mise en œuvre de son Cadre continental sur la jeunesse, la paix et la sécurité aux niveaux continental, régional et national.

Les travaux doivent également permettre d’identifier des expériences susceptibles d’être reproduites dans d’autres pays africains, notamment dans le domaine de la gouvernance inclusive de l’eau. Les organisateurs veulent mettre en avant les innovations portées par les jeunes et les initiatives associant gouvernements, organisations régionales, femmes, mouvements de jeunesse et partenaires internationaux.

La rencontre s’inscrit dans le cadre du thème de l’année de l’Union africaine consacré à la durabilité de l’eau ainsi que dans celui de l’initiative phare « Faire taire les armes », qui vise à renforcer les efforts africains en matière de prévention et de résolution des conflits.

À travers ce rendez-vous, l’UA entend donc faire évoluer la place des jeunes et des femmes : de bénéficiaires des politiques de paix, ils doivent devenir davantage des acteurs institutionnels de leur conception et de leur mise en œuvre. L’objectif est de consolider une architecture africaine de paix qui prenne davantage en compte les réalités locales et les initiatives venues des communautés.

La cinquième édition du Dialogue continental doit s’achever ce 12 août, journée consacrée à la célébration de la Journée internationale de la jeunesse. Les participants doivent adopter à cette occasion un communiqué continental contenant des recommandations et des engagements destinés à accélérer la mise en œuvre des agendas « Jeunesse, paix et sécurité » et « Femmes, paix et sécurité », tout en renforçant le lien entre climat, gouvernance des ressources et sécurité.

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