(AfriquesPlus) – La raffinerie de pétrole de Dangote prépare pour octobre une introduction en Bourse (IPO) destinée en priorité aux investisseurs nigérians. L’opération, qui pourrait devenir la plus importante jamais réalisée en Afrique, vise à permettre au public nigérian de prendre part à la croissance du complexe industriel, tandis qu’une éventuelle cotation à l’étranger n’est envisagée qu’à plus long terme.
Dans un article publié le 14 août 2026, l’agence Reuters, sous la signature de Chijioke Ohuocha et Isaac Anyaogu, rapporte que la raffinerie Dangote a déposé auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) du Nigeria une demande en vue de lever jusqu’à 5 milliards de dollars. Le montant définitif de l’opération n’a toutefois pas encore été arrêté, selon une source proche du dossier citée par l’agence.
« Nous voulons vraiment favoriser la participation », a déclaré à Reuters le directeur général de la raffinerie, David Bird, précisant que l’objectif était de faire de cette opération « l’IPO du peuple ». La priorité est donc donnée aux investisseurs locaux, dans un contexte où le groupe cherche à renforcer son ancrage dans l’économie nigériane.
Une cotation sur une place financière étrangère, notamment à Londres, pourrait intervenir ultérieurement. David Bird estime que la raffinerie doit d’abord disposer d’au moins trois années de production et de performances financières démontrées avant d’envisager une telle démarche. Ces résultats pourraient, selon lui, contribuer à obtenir une valorisation plus élevée sur les marchés internationaux.
Le patron de la raffinerie n’a pas souhaité commenter la taille de l’IPO ni la valorisation de l’entreprise. Une source citée par Reuters indique toutefois que Dangote pourrait tenir compte des 2,5 milliards de dollars levés en juillet lors d’un placement privé, opération qui avait valorisé la raffinerie à environ 40 milliards de dollars.
L’intérêt des investisseurs semble déjà marqué. Selon Africa Finance Corporation, qui a conduit un groupe d’investisseurs stratégiques lors du placement privé de juillet, l’opération a été sursouscrite 3,7 fois et a attiré une forte demande d’investisseurs institutionnels africains et internationaux.
La raffinerie, propriété de l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote, bénéficie également des bouleversements provoqués par la guerre en Iran sur les marchés énergétiques. Elle a notamment accru ses ventes de carburant aviation en Afrique et en Europe occidentale, les acheteurs recherchant de nouvelles sources d’approvisionnement. David Bird affirme que le complexe est devenu le premier fournisseur de carburant aviation de l’Europe en juin et juillet.
Le groupe prévoit parallèlement une importante extension de ses capacités. Selon David Bird, la capacité de raffinage devrait être doublée pour atteindre 1,4 million de barils par jour dans les trois prochaines années. Cette expansion serait financée en partie par les fonds levés lors de l’IPO et par l’endettement.
Le coût de cette nouvelle phase devrait être nettement inférieur aux quelque 20 milliards de dollars investis dans la construction de la raffinerie initiale, a précisé le dirigeant. L’installation, qui constitue l’un des plus importants complexes de raffinage au monde, fournit déjà l’essentiel de la demande nigériane en essence et en diesel, ainsi que la totalité des besoins du pays en carburant aviation.
Pour David Bird, les perspectives restent importantes en Afrique, où le déficit structurel en produits pétroliers raffinés et en produits pétrochimiques offre un potentiel de croissance considérable. La stratégie de Dangote repose ainsi sur l’expansion de la production et sur une ouverture progressive du capital, d’abord au marché nigérian avant une éventuelle incursion sur les marchés financiers internationaux.