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La Guinée transforme son boom minier en nouvel aimant à capitaux étrangers
Le spectaculaire afflux de capitaux étrangers en Guinée en 2025 confirme le poids croissant du secteur minier dans l’économie du pays, mais pose surtout une question : comment transformer cette manne en développement durable pour la population ?
 

(AfriquesPlus) - Le spectaculaire afflux de capitaux étrangers en Guinée en 2025 confirme le poids croissant du secteur minier dans l’économie du pays, mais pose surtout une question : comment transformer cette manne en développement durable pour la population ?

Dans un article publié le 15 août 2026, RFI, à partir des données de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), revient sur la performance exceptionnelle de la Guinée en matière d’investissements directs étrangers (IDE). Avec 7,8 milliards de dollars d’investissements attirés en 2025, contre 1,4 milliard l’année précédente, le pays est devenu le premier bénéficiaire d’IDE d’Afrique subsaharienne et le deuxième du continent, derrière l’Égypte.

Cette progression spectaculaire s’explique principalement par l’accélération du projet minier de Simandou, l’un des plus importants gisements de minerai de fer au monde. Une part substantielle des capitaux enregistrés en 2025 a été consacrée à la construction de la mine et des infrastructures nécessaires à l’exportation du minerai, notamment la voie ferrée et les installations portuaires.

Interrogé par RFI, Mohamed Camara, du cabinet Mocam Consulting, souligne l’ampleur des moyens mobilisés pour respecter le calendrier du projet. Les groupes engagés dans Simandou, notamment Rio Tinto et le consortium Winning, avec l’appui du chinois Baowu, ont accéléré les travaux afin de permettre le lancement des premières exportations de minerai de fer.

Le phénomène ne devrait toutefois pas s’arrêter avec le démarrage de Simandou. Selon l’analyse rapportée par RFI, plusieurs investissements sont encore attendus dans le secteur minier. Rio Tinto poursuit notamment le développement de ses infrastructures portuaires, tandis que les entreprises actives dans la bauxite cherchent à accroître leurs capacités de production.

La comparaison régionale donne la mesure du changement d’échelle. La Guinée a attiré en 2025 près de quatre fois plus d’IDE que la Côte d’Ivoire, qui en a reçu environ 2 milliards de dollars, et davantage que le Nigeria, avec quelque 4 milliards.

Mais derrière cette performance se dessine un défi autrement plus complexe. L’afflux de capitaux ne garantit pas, à lui seul, une transformation de l’économie guinéenne. La forte concentration des investissements dans les industries extractives expose le pays aux fluctuations des cours des matières premières et entretient le risque d’une économie dépendante de l’exportation de ressources brutes.

Les autorités guinéennes cherchent donc à déplacer progressivement le centre de gravité de cette croissance vers la transformation locale. Trois raffineries d’alumine sont actuellement en construction et deux autres sont à l’étude, tandis que des investissements sont également envisagés dans l’agriculture et l’hydroélectricité. Dans ce dernier domaine, un barrage est en chantier et deux autres projets sont annoncés.

L’enjeu est désormais moins d’attirer les capitaux que de déterminer ce qu’ils produisent pour l’économie nationale. La Guinée dispose avec Simandou et ses ressources minières d’un levier exceptionnel pour financer ses infrastructures, diversifier son économie et créer davantage de valeur sur place. Encore faut-il que les revenus tirés de l’extraction se traduisent en emplois, en infrastructures, en services publics et en activités productives durables.

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