(AfriquesPlus) - Le sud de l'Éthiopie, terre historique du café et de la banane, voit désormais un nouvel acteur agricole s'imposer : la vigne. Selon un reportage diffusé par France 24, un domaine franco-éthiopien y cultive depuis quelques années des cépages importés de Bordeaux, qui doivent composer avec l'altitude et un climat très différent de celui du sud-ouest de la France. Les premières bouteilles issues de cette adaptation sont sorties il y a deux ans, donnant naissance à un vin au caractère singulier.
Sur place, la récolte suit un rythme particulier. La vigne est taillée deux fois par an, mais le raisin n'est vendangé qu'une seule fois, avec un tri strict pour écarter les grappes immatures ou malades et préserver la qualité du produit final.
Le secteur est aujourd'hui porté par un poids lourd du marché. Le groupe Castel, qui produit 1,4 million de bouteilles par an dans le pays, dont des rosés demi-doux aux arômes de fraise et d'agrumes. D'après France 24, les goûts diffèrent selon les débouchés : les cuvées fruitées séduisent surtout la clientèle locale, tandis que les vins plus secs sont davantage destinés à l'exportation, notamment vers les Pays-Bas, la Chine ou Djibouti.
En parallèle de cette dynamique commerciale, une véritable culture du vin est en train d'émerger auprès des consommateurs éthiopiens. Le reportage souligne que le public apprend progressivement à distinguer et à apprécier différents profils de vins, une évolution des habitudes de consommation accompagnée par le développement rapide de l'hôtellerie et de la restauration à Addis-Abeba.
Cet engouement se traduit aussi par l'apparition de dégustations organisées dans la capitale, à l'image de celle animée par l'ancien directeur de l'Alliance éthio-française, qui met en avant les accords mets-vins avec la gastronomie locale. Le vin rouge, par exemple, s'associerait particulièrement bien à des plats emblématiques comme le kitfo, le tere siga ou le doro wat.
Porté par cette demande croissante, le secteur viticole éthiopien affiche des perspectives optimistes. Selon les chiffres cités par France 24, ses revenus devraient progresser de 10 % par an jusqu'à la fin de la décennie.