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Minerais critiques, la SADC face au choix entre rente minière et industrialisation
La course mondiale aux minerais indispensables à la transition énergétique pourrait offrir à l’Afrique australe une occasion rare de sortir du rôle de simple fournisseur de matières premières
 

(AfriquesPlus) - La course mondiale aux minerais indispensables à la transition énergétique pourrait offrir à l’Afrique australe une occasion rare de sortir du rôle de simple fournisseur de matières premières. Mais, pour la saisir, les pays de la SADC devront investir dans la transformation locale, les chaînes de valeur régionales et les compétences.

Claver Gatete, secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), dans une tribune publiée ce 16 août 2026 sur African Newspage, estime que la région dispose d’un levier exceptionnel pour accélérer sa transformation économique. Le continent détient environ 30 % des réserves mondiales de minerais critiques nécessaires à la transition énergétique, tandis que la SADC concentre plusieurs ressources stratégiques : cobalt en République démocratique du Congo, lithium au Zimbabwe, cuivre en Zambie, ainsi que platine et manganèse en Afrique du Sud.

La demande mondiale pourrait, selon les projections de l’Agence internationale de l’énergie citées par Gatete, plus que tripler d’ici 2030 dans les scénarios compatibles avec la neutralité carbone. Cette évolution place l’Afrique australe au cœur des futures chaînes d’approvisionnement mondiales, mais fait également peser le risque d’une répétition du modèle extractif traditionnel : exporter le minerai brut et importer les produits à forte valeur ajoutée.

Le paradoxe est particulièrement visible dans la SADC. Les activités minières représentent environ 10 % du PIB régional, 25 % des exportations et 20 % des recettes publiques, mais seulement 7 % des emplois directs. Pour Gatete, cette faiblesse de l’emploi souligne la nécessité de passer de l’extraction à la transformation, au raffinage, à la fabrication et au développement technologique.

L’auteur cite notamment une étude de BloombergNEF commandée par la CEA et ses partenaires : une usine de production de précurseurs de batteries d’une capacité de 10 000 tonnes en RDC pourrait coûter environ 39 millions de dollars, soit près de trois fois moins qu’une installation comparable aux États-Unis, tout en permettant de réduire certaines émissions liées aux chaînes d’approvisionnement actuelles.

Pour transformer cet avantage potentiel en développement industriel, le responsable de la CEA identifie plusieurs priorités. La première consiste à améliorer la connaissance géologique des ressources afin que les États africains disposent de meilleures informations lorsqu’ils négocient avec les investisseurs. La deuxième est de renforcer l’action collective de la SADC à travers un cadre régional harmonisant notamment les règles d’investissement, les royalties, le contenu local et la formation.

La troisième priorité concerne l’énergie. La transformation des minerais nécessite une électricité abondante, fiable et abordable. Les ressources solaires et hydrauliques de l’Afrique australe pourraient ainsi devenir un avantage compétitif pour développer une industrie minière à faible émission de carbone.

Enfin, Gatete insiste sur la nécessité d’associer davantage les populations locales aux bénéfices de l’exploitation minière. Participation au capital, emplois locaux, achats auprès d’entreprises nationales, formation, garanties environnementales et mécanismes transparents de partage des revenus devraient, selon lui, permettre aux communautés minières de conserver une partie durable de la richesse créée.

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