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Nigeria, la victoire d’Adeleke à Osun relance le rapport de force avant 2027
À moins d’un an de la présidentielle, le scrutin d’Osun apporte un sérieux avertissement au parti au pouvoir. La mobilisation électorale et le rejet exprimé dans plusieurs localités pourraient désormais peser sur les stratégies des principales formations.
 

(AfriquesPlus) - La victoire du gouverneur Ademola Adeleke à l’élection gouvernorale d’Osun, samedi 15 août 2026, ravive le débat sur la capacité de l’opposition à contenir la machine du pouvoir au Nigeria, à moins d’un an de la présidentielle de 2027. Dans un article publié le 17 août 2026, The Guardian Nigeria, sous les signatures de Seye Olumide, Silver Nwokoro, Azimazi Momoh Jimoh, Kehinde Olatunji, Oluwole Ige, Rotimi Agboluaje, Terhemba Daka et Timothy Agbor, souligne que ce scrutin redonne confiance dans le pouvoir du vote.

Candidat de l’Accord Party, Adeleke a obtenu 511 067 voix dans 19 des 30 collectivités locales de l’État, devançant le candidat du All Progressives Congress (APC), Bola Oyebamiji, de 66 252 suffrages. Sur les 2 339 544 électeurs inscrits, 1 010 684 ont été accrédités et 1 005 800 suffrages ont été exprimés, dont 985 079 valides. La participation s’est ainsi établie à environ 43,2 %.

Pour The Guardian Nigeria, cette élection montre que, malgré le poids croissant de l’argent, des structures partisanes, des intimidations et d’autres facteurs susceptibles d’influencer les scrutins, les électeurs peuvent encore imposer leur choix lorsqu’ils sont suffisamment mobilisés. Le scrutin a également été marqué par un fonctionnement jugé globalement satisfaisant du système d’accréditation biométrique BVAS et de la transmission électronique des résultats.

Le résultat d’Osun est déjà interprété comme un avertissement pour l’APC et le président Bola Tinubu en vue de 2027. L’Allied People’s Movement (APM) a estimé que la défaite du parti au pouvoir traduisait un mécontentement croissant à l’égard du gouvernement fédéral et préfigurait une possible défaite de Tinubu à la prochaine présidentielle. L’APM a notamment affirmé que les réactions hostiles de certains électeurs envers des responsables de l’APC durant la campagne révélaient une volonté de changement.

Le Parti démocratique populaire (PDP), principale formation d’opposition, a pour sa part présenté la victoire d’Adeleke comme un « paiement anticipé » avant 2027. Son responsable de la communication, Ini Ememobong, a soutenu que le résultat d’Osun constituait un signal adressé au pouvoir fédéral. Le parti a toutefois dénoncé des intimidations, des agressions et des arrestations présumées visant des responsables de l’opposition pendant la campagne.

Le scrutin intervient dans un contexte où les enjeux de 2027 commencent déjà à structurer la vie politique nigériane. L’APC conserve le contrôle du pouvoir fédéral et dispose d’un important réseau de gouverneurs et d’élus, mais le résultat d’Osun montre que cette puissance institutionnelle ne garantit pas automatiquement une victoire électorale. Pour les formations d’opposition, le défi sera désormais de transformer cette dynamique locale en coalition nationale capable de rivaliser avec le parti de Tinubu.

Ademola Adeleke a, de son côté, appelé ses partisans à éviter toute violence après l’annonce des résultats et à privilégier la paix. Le gouverneur réélu a également déclaré vouloir accélérer le développement de l’État, notamment dans les infrastructures, l’éducation et l’agriculture. Il a par ailleurs salué l’appel de félicitations reçu du président Tinubu et indiqué qu’il comptait faire de son nouveau mandat une étape vers la transformation d’Osun en un pôle économique davantage tourné vers le commerce.

Dans son analyse, The Guardian Nigeria relève ainsi que le scrutin d’Osun dépasse le seul cadre de la politique locale. Il constitue un test pour la solidité de l’APC avant 2027, mais aussi pour la capacité de l’opposition à mobiliser les électeurs et à défendre leurs suffrages. L’organisation Yiaga Africa a d’ailleurs appelé la Commission électorale nationale indépendante (INEC) à tirer les enseignements de cette élection et à institutionnaliser les bonnes pratiques observées.

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