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Afrique du Sud, la liberté face au poids des inégalités
Vingt-cinq ans après la Déclaration de Durban, l’Afrique du Sud reste confrontée à de profondes inégalités raciales, économiques et foncières. Quel est le sens de la liberté lorsque pauvreté, chômage et inégalités continuent de peser sur les populations ?
 

(SenePlus) - Les inégalités raciales et la question de l’accès à la terre restent profondément ancrées en Afrique du Sud, vingt-cinq ans après l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Durban contre le racisme et les discriminations. Dans une tribune publiée le 19 septembre 2026 par le Sowetan, Reabetswe Maputla s’interroge sur les limites des transformations engagées depuis la fin de l’apartheid.

L’auteur reconnaît que des politiques publiques ont été mises en œuvre pour améliorer les conditions de vie des populations historiquement défavorisées. Mais, selon lui, ces avancées n’ont pas permis de résorber les fractures socio-économiques héritées de l’apartheid. La pauvreté, le chômage et les inégalités continuent de peser fortement sur une partie importante de la population noire.

Maputla place notamment la question foncière au centre de son analyse. Vingt-cinq ans après la Déclaration de Durban, la répartition de la propriété demeure, selon lui, l’un des principaux marqueurs des inégalités raciales. L’accès à la terre ne constitue pas seulement une question économique : il renvoie également à l’histoire de la dépossession, à la possibilité de construire une autonomie matérielle et à la capacité des populations à améliorer durablement leurs conditions de vie.

La tribune met ainsi en évidence une contradiction entre les libertés politiques acquises après l’apartheid et la persistance de fortes contraintes économiques. Pour l’auteur, la liberté formelle ne suffit pas lorsque des millions de personnes restent confrontées à la pauvreté, au chômage ou à des perspectives économiques limitées. Il pose donc la question de ce que signifie réellement la liberté lorsque les conditions matérielles permettant d’en bénéficier restent inégalement réparties.

Cette situation conduit également l’auteur à revenir sur la notion de « survie ». Lorsque les besoins économiques deviennent prioritaires, les revendications liées à la liberté, à la dignité ou à l’égalité peuvent se retrouver confrontées à des urgences plus immédiates : trouver un emploi, accéder à un revenu, disposer d’un logement ou assurer les besoins de sa famille. C’est à partir de cette tension que Maputla interroge l’efficacité des politiques de transformation engagées depuis 1994.

L’article s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur l’héritage de l’apartheid. Pour Reabetswe Maputla, la disparition du système de ségrégation institutionnelle n’a pas automatiquement supprimé les structures économiques et sociales qui avaient été construites autour de celui-ci. Les progrès réalisés doivent donc être appréciés à l’aune de leur capacité à modifier concrètement les conditions de vie et la répartition des ressources.

La tribune ne remet pas en cause l’importance des acquis démocratiques, mais souligne l’écart qui peut subsister entre égalité juridique et égalité matérielle. Vingt-cinq ans après Durban, la persistance des inégalités raciales, du chômage et des disparités dans la propriété foncière demeure ainsi, selon l’auteur, un défi majeur pour l’Afrique du Sud.

L’analyse de Maputla pose finalement une question centrale : à quoi sert la liberté politique lorsque l’inégalité économique continue de limiter la capacité d’une partie de la population à en tirer pleinement profit ? Son propos invite ainsi à considérer la lutte contre le racisme non seulement sous l’angle des droits et des institutions, mais aussi à travers les questions de propriété, de richesse, d’emploi et d’accès aux ressources.

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