(AfriquesPlus) - La tournée d’Ed Sheeran est rattrapée par la polémique autour de la guerre à Gaza. Quatre artistes appelés à se produire à ses côtés ont annoncé leur retrait, en solidarité avec le rappeur américain Macklemore, écarté de la tournée après ses prises de position publiques en faveur des Palestiniens.
La controverse prend de l’ampleur autour de la tournée d’Ed Sheeran. Aaron Rowe, Beoga, Lukas Graham et Finneas ont annoncé leur départ des prochaines dates du chanteur britannique en Amérique du Nord et du Sud, quelques heures après la publication par celui-ci d’un message consacré à l’éviction de Macklemore.
Le rappeur américain avait été écarté de la tournée après plusieurs prises de position publiques sur la situation à Gaza. Ed Sheeran a indiqué de son côté que cette décision relevait des organisateurs de la tournée et qu’il n’en était pas à l’origine.
Une série de retraits
Aaron Rowe et le groupe danois Lukas Graham étaient appelés à remplacer Macklemore lors des dernières dates de la tournée américaine. Le groupe folk irlandais Beoga devait, pour sa part, rejoindre régulièrement Ed Sheeran sur scène pour interpréter plusieurs morceaux, dont certains ont été coécrits avec le chanteur.
Finneas, frère et collaborateur de Billie Eilish, devait participer à la prochaine partie de la tournée en Amérique du Sud. Il a finalement annoncé son retrait sur les réseaux sociaux.
« Les artistes ne doivent pas être réduits au silence lorsqu’ils prennent la défense des opprimés », a déclaré Finneas, affirmant sa solidarité avec les Palestiniens et leur peuple.
Pour Beoga et Aaron Rowe, leur décision est également liée à l’histoire de l’Irlande et à leur propre engagement en faveur de la cause palestinienne.
Des artistes invoquent l’histoire irlandaise
Beoga, membre fondateur du mouvement Irish Artists for Palestine, a expliqué que les membres du groupe se considéraient comme des militants engagés pour la justice.
Aaron Rowe a, lui, tenu à souligner ses liens personnels avec Ed Sheeran, qu’il décrit comme un ami ayant profondément marqué sa carrière. Il estime néanmoins que ses convictions l’empêchent de rester silencieux face à la situation à Gaza.
Dans sa déclaration, le musicien a également dénoncé l’influence que peuvent exercer les grandes fortunes sur le monde culturel. Une référence qui semble viser **Robert Kraft**, milliardaire américain et figure engagée contre l’antisémitisme, dont le rôle dans l’exclusion de Macklemore de la tournée est évoqué dans cette polémique.
Ed Sheeran veut rester en dehors du débat politique
Au centre de la controverse, Ed Sheeran cherche pour sa part à maintenir sa tournée à l’écart du débat politique. Le chanteur britannique a expliqué ne pas vouloir être entraîné dans une confrontation publique autour de la guerre à Gaza.
Il a également rappelé que son public venait avant tout à ses concerts pour écouter sa musique, et non pour assister à un débat politique.
Cette position ne semble toutefois pas suffire à calmer la polémique.Le retrait successif de quatre artistes remet désormais la question de la liberté d’expression et de l’engagement politique des musiciens au cœur de la tournée.
Une polémique qui dépasse désormais la scène musicale
L’affaire intervient dans un contexte de mobilisation croissante du monde culturel autour de la guerre à Gaza. Des artistes, acteurs et musiciens prennent régulièrement position sur le conflit, tandis que d’autres choisissent de ne pas s’exprimer publiquement.
Le cas de Macklemore illustre cette fracture. Ses déclarations publiques en faveur des Palestiniens ont suscité des réactions favorables mais également des critiques, tandis que son éviction de la tournée est désormais contestée par plusieurs de ses collègues.
Pour Ed Sheeran, la polémique constitue donc un défi supplémentaire alors que sa tournée se poursuit. En quelques jours, une décision concernant un artiste invité s’est transformée en débat plus large sur la liberté d’expression, l’engagement des artistes et la place de la politique dans l’industrie musicale.