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Aux Comores, les commerçantes malgaches menacées par une nouvelle loi
Promulguée en juillet, une loi comorienne veut réserver certaines activités commerciales aux Comoriens de naissance. Elle n’est pas encore appliquée, mais elle alarme déjà quelque 20 000 Malgaches, en majorité des femmes
 
  • https://www.youtube.com/watch?v=yQNW6ydYs7A

(AfriquesPlus) - Sur le marché de Volo-Volo, le plus important de l’archipel, à Grande Comore, une commerçante malgache vend des chaussures. Ce négoce lui rapporte 50 à 100 euros par mois. Il pourrait pourtant lui être bientôt interdit. Le renouvellement de son visa lui coûte déjà 250 euros, une somme considérable au regard de ses revenus.

Son cas illustre l’inquiétude que suscite la nouvelle législation comorienne, promulguée en juillet. Le texte entend réserver certaines activités commerciales aux Comoriens de naissance. Il concerne environ 20 000 Malgaches vivants dans l’archipel, dont les femmes sont les premières à voir leurs revenus menacés, selon un reportage de TV5 Monde signé Simon Rodier et Julie Palanc.

Sur le plan juridique, les défenseurs de la diaspora estiment que le texte est contraire aux principes fondamentaux du pays. Un juriste interrogé par la chaîne rappelle que la Constitution garantit l’égalité de tous les citoyens devant la loi, sans distinction d’origine. Le code de la nationalité précise en outre qu’une personne ayant acquis la nationalité jouit des mêmes droits et devoirs que les autres nationaux. Il juge donc difficile de fonder une distinction sur l’origine ou sur le mode d’accès à la nationalité.

Un représentant du patronat comorien défend la position inverse. À ses yeux, il s’agit d’« une loi de justice sociale », que d’autres pays ont adoptée sans être taxés de xénophobie, comme la Tanzanie cette année. Les étrangers restent les bienvenus comme salariés, plaide-t-il, mais ceux qui veulent entreprendre doivent investir dans les secteurs où le pays manque de compétences et de capitaux.

Pour les défenseurs de la diaspora malgache, le texte risque surtout de fragiliser une communauté composée en grande majorité de femmes, venues travailler pour faire vivre leur famille restée à Madagascar.

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