(Afriquesplus) - Au Bénin, Amnesty International accueille favorablement les déclarations du procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme, Mario Metonou, en faveur d'une justice plus humaine. Mais pour l'organisation de défense des droits humains, les discours doivent désormais se traduire par des mesures concrètes dans le fonctionnement de la justice. Dans un article publié le 14 octobre 2026, le quotidien béninois Le Patriote rapporte les attentes exprimées par Dieudonné Dagbéto, directeur exécutif d'Amnesty International Bénin.
Le responsable de l'organisation considère que le plaidoyer du procureur spécial en faveur du respect des droits humains constitue un signal encourageant. Il estime toutefois que la portée de cette démarche dépendra de sa traduction dans les pratiques judiciaires. Pour Amnesty International, l'humanisation de la justice ne peut se limiter à des déclarations de principe. Elle doit se mesurer à travers des garanties effectives pour les personnes poursuivies et détenues.
Le respect des droits de la défense au coeur des attentes
Parmi les priorités soulevées figure le respect du droit à un procès équitable. Amnesty International insiste notamment sur la possibilité pour toute personne poursuivie de communiquer avec un avocat de son choix et de recevoir ses visites. Cette garantie est essentielle pour permettre aux justiciables de préparer leur défense et de faire valoir leurs droits devant les juridictions.
L'organisation appelle également à lutter contre les détentions arbitraires. Elle demande la libération immédiate et sans condition des personnes détenues sans fondement légal ou en violation de leurs droits fondamentaux. Pour Amnesty International Bénin, toute privation de liberté doit reposer sur une base légale et respecter les garanties prévues par les textes en vigueur.
Ces exigences s'inscrivent dans les orientations du manifeste d'Amnesty International Bénin pour la promotion et la protection des droits humains sur la période 2026-2033. Le document met notamment l'accent sur les garanties judiciaires, l'accès à la défense et la prévention des violations des droits fondamentaux.
La CRIET face au défi de la confiance
Les attentes d'Amnesty International interviennent dans le contexte de la rentrée judiciaire 2026-2027 de la CRIET, organisée le 12 octobre à Cotonou autour du thème de l'humanisation de la justice pénale, entre protection des droits fondamentaux et efficacité répressive. Selon le compte rendu publié par le gouvernement béninois, le procureur spécial Mario Metonou a défendu une approche conciliant fermeté judiciaire, proportionnalité et respect de la dignité humaine.
Pour Amnesty International Bénin, cette orientation doit maintenant produire des résultats perceptibles. L'organisation estime que le respect des droits de la défense, la prévention des détentions arbitraires et la libération des personnes détenues illégalement permettront d'apprécier les avancées annoncées.
Au-delà de la CRIET, l'enjeu concerne la confiance des citoyens dans l'institution judiciaire et la crédibilité de l'Etat de droit au Bénin. Amnesty International attend donc que les engagements exprimés se traduisent par des pratiques judiciaires conformes aux droits humains et par des garanties effectives pour toutes les personnes confrontées à la justice.