(AfriquesPlus) - L’accès aux financements internationaux demeure un enjeu central pour les économies africaines, confrontées à des besoins croissants en infrastructures, en énergie et en création d’emplois. Dans une tribune publiée le 24 septembre 2026 sur Africa.com, le Dr Oluwaseun Oguntuase examine la manière dont les notations de crédit peuvent renchérir le financement du développement sur le continent.
L’auteur rappelle que les ressources fiscales et les emprunts sur les marchés locaux ne suffisent pas à couvrir l’ensemble des investissements nécessaires. Les banques de développement et les institutions financières africaines jouent donc un rôle déterminant en mobilisant des capitaux à long terme pour soutenir les infrastructures, l’industrialisation et les secteurs insuffisamment financés par les prêteurs privés. Leur intervention est particulièrement importante lorsque les crises économiques se multiplient et que les financements commerciaux se raréfient.
Cependant, ces institutions dépendent elles-mêmes des marchés internationaux pour lever des fonds. Leurs notations de crédit influencent directement les conditions auxquelles elles peuvent emprunter et, par conséquent, le coût des financements qu’elles accordent aux États, aux banques et aux entreprises. Selon le Dr Oguntuase, les méthodes d’évaluation du risque ne prennent pas toujours suffisamment en compte les particularités des institutions africaines, notamment leur mission de développement, le soutien de leurs actionnaires et leur capacité à maintenir leurs financements en période de crise.
Cette appréciation du risque peut alors entraîner une hausse du coût du capital et limiter les investissements. Les répercussions se font sentir bien au-delà des marchés financiers : certains projets énergétiques ou d’infrastructures deviennent plus coûteux, les entreprises rencontrent davantage de difficultés à financer leur croissance et les budgets publics subissent une pression supplémentaire. Les populations peuvent ainsi supporter indirectement les conséquences de ces conditions d’emprunt, à travers des services retardés, des investissements réduits et des emplois qui ne sont pas créés.
Pour remédier à cette situation, l’auteur appelle à une réforme des mécanismes de notation afin que les évaluations reposent sur des données africaines plus nombreuses et une meilleure compréhension des réalités économiques et institutionnelles du continent. Il ne s’agit pas, précise-t-il, de diminuer les exigences de rigueur financière, mais de rendre les évaluations plus justes et plus précises. Les institutions africaines doivent, de leur côté, poursuivre leurs efforts en matière de transparence, de gouvernance et de gestion des risques.
Le Dr Oguntuase note que les notations de crédit constituent un enjeu stratégique pour l’avenir économique de l’Afrique. La capacité du continent à financer son industrialisation, à répondre aux défis climatiques et à créer des emplois dépend aussi des conditions auxquelles il peut mobiliser les capitaux nécessaires. Pour l’auteur, une réforme de l’évaluation du risque financier est donc indispensable pour rendre le financement du développement plus accessible et moins coûteux.