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Haïti doit muscler sa voix sur les réparations
Alors que les revendications liées aux réparations de l’esclavage prennent de l’ampleur à l’échelle internationale, l'ancienne représentante d'Haïti à l'Organisation des Etats américains appelle Haïti à renforcer la qualité de sa représentation
 

(AfriquesPlus) - La question des réparations liées à l’esclavage gagne en visibilité dans les débats internationaux, mais Myrtha Désulmé appelle Haïti à mieux structurer sa présence dans ce mouvement. Dans une tribune publiée le 23 septembre 2026 par Rezo Nòdwès, l’ancienne représentante permanente d’Haïti à l’OEA et présidente de la Société Haïti-Jamaïque plaide pour une participation davantage fondée sur l’expertise, la préparation et la vérification des sources.

Elle rappelle la place particulière d’Haïti dans l’histoire de l’émancipation, de la souveraineté et des luttes des peuples d’ascendance africaine. Selon elle, les revendications haïtiennes, notamment autour de la « rançon de l’indépendance » versée historiquement à la France, s’inscrivent désormais dans un mouvement international plus large consacré aux réparations, à la justice historique et aux conséquences du colonialisme.

Myrtha Désulmé estime toutefois que l’élargissement des espaces de prise de parole, notamment à travers les conférences et les plateformes numériques, doit s’accompagner d’un renforcement de l’expertise. Elle met en garde contre les affirmations insuffisamment documentées et contre la confusion entre expérience personnelle, engagement militant et compétence dans les domaines historiques, juridiques, économiques ou diplomatiques.

L’autrice revient notamment sur la 3e Conférence régionale sur les réparations, organisée à Bridgetown, à la Barbade, du 17 au 20 septembre 2026. Elle considère que la représentation haïtienne n’a pas pleinement reflété, lors de cette rencontre, les enjeux et le niveau d’expertise nécessaires. Sans viser personnellement les participants, elle en fait un point de départ pour interroger les mécanismes de préparation et de désignation des représentants haïtiens dans les espaces internationaux consacrés aux réparations.

Pour y remédier, elle propose notamment de vérifier les qualifications des intervenants, de mieux distinguer les différentes formes d’expertise, de développer une approche interdisciplinaire et de mettre en place des mécanismes de mentorat. Elle recommande également la création d’une plateforme documentaire multilingue, une pratique systématique de vérification des sources et une évaluation régulière de la qualité des événements consacrés aux réparations.

À travers cette réflexion, Myrtha Désulmé défend l’idée que la solidarité panafricaine avec Haïti doit aussi être une solidarité intellectuelle. Pour elle, la défense des revendications historiques du pays passe par une meilleure maîtrise des faits, du droit et des enjeux économiques et diplomatiques, afin de transformer la mémoire de l’esclavage et du colonialisme en revendications contemporaines solidement argumentées.

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