(AfriquesPlus) - Le Japon a fortement relevé, jeudi 1er octobre 2026, les frais de demande de résidence permanente pour les étrangers. Le tarif passe de 64 à 1 271 dollars, soit une hausse de 2 000 %, dans le cadre d’un durcissement de la politique migratoire du gouvernement de la Première ministre Sanae Takaichi.
Dans un article publié le 1er octobre 2026, le New York Times, sous la signature de Javier C. Hernández et Hisako Ueno, rapporte que cette augmentation s’accompagne de nouvelles conditions portant notamment sur les revenus, les cotisations de retraite et la maîtrise de la langue japonaise. Les candidats devront justifier d’un revenu annuel minimal de 36 428 dollars et satisfaire à des critères de ressources et de connaissances des règles et coutumes du pays.
Le gouvernement affirme vouloir répondre aux préoccupations d’une partie de la population face à l’augmentation du nombre d’étrangers. Sur le réseau social X, Sanae Takaichi a évoqué le sentiment d’inquiétude et d’injustice ressenti par certains citoyens, estimant que les nouvelles règles devaient permettre aux Japonais comme aux étrangers de vivre en sécurité.
Cette orientation s’inscrit dans une série de mesures restrictives. En juillet, le Japon avait augmenté de plus de 400 % certains frais de visa touristique. Les conditions d’obtention des visas destinés aux gestionnaires d’entreprises ont également été durcies, avec un capital minimal exigé de 188 000 dollars, contre 31 000 auparavant. Ces nouvelles exigences ont déjà poussé certains résidents de longue date, notamment des restaurateurs, à quitter le pays.
Les restrictions suscitent des critiques, notamment en raison de leurs conséquences possibles sur les travailleurs étrangers et sur l’économie japonaise. Selon les données citées par le New York Times, les étrangers représentent environ 3,4 % de la population du pays, estimée à 119 millions d’habitants. Le Japon comptait 947 125 résidents permanents en 2025, contre 807 517 en 2020, soit une progression d’environ 17 %.
Le pays est pourtant confronté à une baisse démographique qui accentue ses besoins en main-d’œuvre. Sa population a diminué de plus de trois millions de personnes entre 2020 et 2025. Des spécialistes estiment que le recours à des travailleurs étrangers sera nécessaire pour compenser ce recul et soutenir l’activité économique.
Des responsables politiques et des organisations de défense des migrants contestent également le durcissement des règles. Taku Yamazoe, élu du Parti communiste japonais, accuse le gouvernement d’exploiter les inquiétudes sociales sans apporter de preuves établissant que les étrangers menacent la sécurité. De son côté, le centre Kalakasan Migrant Women Empowerment Center, qui accompagne des femmes philippines vivant et travaillant au Japon, estime que la hausse des frais alourdira les charges des migrants, particulièrement ceux qui ont des personnes à charge.
Les nouvelles dispositions prévoient aussi que les autorités puissent retirer le statut de résident permanent en cas de défaut de paiement des cotisations de retraite, de l’assurance maladie ou des impôts, ainsi qu’en cas de certaines infractions aux règles migratoires ou au Code pénal. Le quotidien japonais Mainichi Shimbun a critiqué ces mesures dans un éditorial, estimant qu’elles négligeaient les droits humains et devraient être abandonnées.
Pour les étrangers installés de longue date, le durcissement alimente les incertitudes sur leur avenir. Le New York Times rapporte notamment le cas de Dennis McAdams, un enseignant américain vivant au Japon depuis treize ans, dont la demande de résidence permanente a été rejetée après un retard d’un jour dans le paiement de sa cotisation de retraite. Il craint désormais de ne plus remplir les conditions s’il dépose une nouvelle demande.