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La controverse autour de Mamdani à la cérémonie du 11-Septembre ravive le débat sur l’islamophobie
Une poignée de main entre l’actuel maire de New York et son prédécesseur Giuliani, sur fond de tensions autour de la présence du maire musulman à la commémoration du 11-Septembre, relance le débat sur les préjugés visant les musulmans aux États-Unis.
 

(AfriquesPlus) - Une poignée de main entre l’actuel maire de New York, Zohran Mamdani, et son prédécesseur Rudy Giuliani, lors de la commémoration des attentats du 11 septembre 2001, a suscité une polémique politique. Dans une tribune publiée par le New York Times, la journaliste Meher Ahmad analyse les accusations visant l’édile musulman et les préjugés persistants envers cette communauté aux États-Unis.

La cérémonie de commémoration du 25e anniversaire des attentats du 11 septembre, organisée à Ground Zero à New York, a été marquée par une controverse autour de la présence du maire Zohran Mamdani. Dans une tribune publiée le 15 septembre 2026 par le New York Times, Meher Ahmad, rédactrice au sein de la section Opinion du quotidien américain, revient sur les circonstances de cette polémique et ses répercussions sur les musulmans aux États-Unis.

La controverse a notamment pris de l’ampleur après une déclaration de Rudy Giuliani, ancien maire de New York, qui avait demandé à Zohran Mamdani de ne pas assister à la cérémonie. Lors d’une intervention télévisée, il avait notamment déclaré que « tous les musulmans » soutenus par le maire étaient des meurtriers. Le jour de la commémoration, les deux hommes se sont pourtant serré la main. Selon Rudy Giuliani, il aurait dit à son successeur : « Je prie pour vous », ce à quoi ce dernier aurait répondu : « Merci ».

Pour Meher Ahmad, cette polémique s’inscrit dans une campagne visant à présenter Zohran Mamdani comme une personnalité dont les convictions seraient incompatibles avec la mémoire des attentats et les valeurs américaines. Le maire, âgé de neuf ans au moment des attaques, a été accusé par certains de ses détracteurs d’entretenir des positions ou des relations supposées proches de celles de personnes favorables au terrorisme.

L’auteure estime que cette controverse s’appuie sur des amalgames concernant l’islam et les musulmans. Elle rappelle que, depuis les attentats de 2001, la suspicion envers cette communauté s’est nourrie à la fois de certaines politiques publiques et de représentations médiatiques présentant l’islam comme une menace. Selon elle, cette situation contribue à faire peser sur les musulmans américains une présomption de déloyauté envers leur pays.

La tribune revient également sur une pétition lancée par Giovanni Galante, qui a perdu son épouse dans les attentats du World Trade Center. Le texte appelait à empêcher Zohran Mamdani de participer à la cérémonie, en invoquant ses positions publiques, ses fréquentations et ses réactions à des propos jugés hostiles aux valeurs américaines. La pétition avait été relayée par le New York Post, qui avait affirmé que des milliers de familles de victimes réclamaient l’exclusion du maire.

Meher Ahmad cite toutefois le travail du journaliste Judd Legum, selon lequel le nombre de familles de victimes ayant signé la pétition n’avait pas été vérifié, pas plus que l’authenticité de l’ensemble des signatures. Malgré ces incertitudes, la campagne a recueilli plus de 100 000 signatures et contribué à installer l’idée qu’une partie importante des familles des victimes s’opposait à la présence du maire lors de la commémoration.

D’autres responsables politiques et personnalités publiques, dont l’ancien gouverneur de New York George Pataki, la conseillère municipale Vickie Paladino et Bruce Blakeman, candidat républicain face à la gouverneure Kathy Hochul, se sont également opposés à la participation de Zohran Mamdani. Parmi les arguments avancés figuraient ses liens avec le commentateur politique Hasan Piker, les écrits de son père sur l’islamophobie et le terrorisme, ainsi que la présence, dans son entourage, de juristes ayant défendu des détenus de Guantánamo.

L’auteure s’appuie sur une enquête du Pew Research Center publiée le 3 septembre 2026 pour souligner la persistance des préjugés. Selon cette étude, 43 % des personnes interrogées estiment que les musulmans sont moins patriotes que les autres Américains. Le sondage relève également une dégradation des opinions sur l’islam par rapport à 2002, avec des différences plus marquées selon les appartenances politiques.

Dans sa tribune, Meher Ahmad souligne que Zohran Mamdani a évité de répondre directement aux appels lui demandant de renoncer à la cérémonie. Il a maintenu que la commémoration devait avant tout être consacrée aux familles des victimes. Malgré cette position, certaines de ses interactions durant l’événement, notamment un échange souriant avec la représentante Alexandria Ocasio-Cortez, ont également été exploitées dans le débat médiatique.

Pour l’auteure, cette controverse illustre les difficultés auxquelles sont confrontés les musulmans américains qui souhaitent exercer des responsabilités publiques. Elle estime que, même vingt-cinq ans après les attentats, l’islamophobie demeure un ressort mobilisable contre des personnalités musulmanes, indépendamment de leurs actes ou de leurs déclarations.

Meher Ahmad replace enfin cette polémique dans le contexte plus large des conséquences humaines des attentats du 11 septembre et des guerres menées au nom de la lutte contre le terrorisme. Elle rappelle que les attaques ont fait 2 997 morts et que les conséquences sanitaires de l’exposition aux substances toxiques à Ground Zero continuent de toucher les survivants et les secouristes. Elle évoque également les estimations du projet Costs of War de l’université Brown, qui évalue à plusieurs millions le nombre de morts dans les zones de guerre depuis 2001.

La tribune s’achève sur une référence à l’artiste afghan Aziz Hazara, dont l’exposition Coming Home, présentée à New York, rassemble des objets récupérés sur l’ancienne base militaire américaine de Bagram, en Afghanistan. Pour l’auteure, ces vestiges matériels des guerres postérieures au 11-Septembre permettent de mesurer la réalité des destructions, au-delà des polémiques politiques et des débats médiatiques qui entourent la mémoire des attentats.

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