(AfriquesPlus) - Un échange entre le préfet de Guadeloupe et un pêcheur s’est transformé en polémique, ravivant les débats sur la reconnaissance du créole et les séquelles de l’histoire coloniale dans les Antilles françaises.
L’agence de presse américaine Associated Press (AP), sous la plume de Dánica Coto, dans un article du 30 septembre 2026, revient sur cet incident survenu à Sainte-Rose. Lors d’une rencontre avec des pêcheurs, le préfet Thierry Devimeux aurait reproché à l’un d’eux de lui manquer de respect en s’adressant à lui en créole, avant de lui demander de parler français. Filmée puis diffusée sur les réseaux sociaux, la scène a provoqué de nombreuses réactions. Le représentant de l’État a depuis présenté ses excuses, reconnaissant des propos maladroits et une mauvaise compréhension des nuances de l’échange.
Bien que le français soit la langue officielle du territoire, le créole demeure largement utilisé par la population guadeloupéenne. Héritage de l’esclavage et des contacts entre différentes communautés, cette langue a longtemps été stigmatisée avant de s’imposer comme un élément central de l’identité culturelle antillaise.
La controverse a ainsi dépassé le cadre de l’incident pour raviver les interrogations sur les rapports entre langue, pouvoir et héritage colonial. Sur les réseaux sociaux, plusieurs voix ont dénoncé une attitude perçue comme un mépris envers la culture locale, estimant que le créole ne saurait être considéré comme une marque d’irrespect.
L’article rappelle également le rôle de figures intellectuelles antillaises, comme le linguiste Jean Bernabé et les écrivains Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant, dans la défense et la valorisation des langues créoles. Malgré les excuses du préfet, l’épisode illustre la persistance des enjeux de reconnaissance linguistique et culturelle en Guadeloupe.