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Sierra Leone, le narcotrafic éclabousse les institutions
Une enquête du Guardian révèle l’emprise présumée du narcotrafiquant néerlandais Jos Leijdekkers sur les institutions sierra-léonaises. Entre saisie record de cocaïne, disparitions inexpliquées et soupçons de collusion, l’affaire soulève des questions
 

(AfriquesPlus) - La saisie de plusieurs dizaines de tonnes de cocaïne à bord d’un cargo au large du Maroc met en lumière les ramifications d’un réseau criminel qui aurait étendu son influence jusqu’aux institutions de Sierra Leone. Dans une enquête publiée ce 14 octobre 2026, le journaliste Mark Townsend, du Guardian, décrit le rôle présumé du narcotrafiquant néerlandais Jos Leijdekkers dans cette expansion et les défaillances institutionnelles qui auraient facilité ses activités.

Âgé de 35 ans et recherché par les autorités européennes, Jos Leijdekkers est soupçonné d’avoir construit un vaste réseau d’acheminement de cocaïne vers l’Europe. Selon les sources policières et les services de renseignement cités par le quotidien britannique, il aurait noué des relations avec des personnalités influentes en Sierra Leone, où il est marié à Agnes Bio, la fille du président Julius Maada Bio. Des responsables de la police, de l’armée et des services portuaires auraient également entretenu des liens avec son entourage, tandis que certaines enquêtes sur ses activités auraient été entravées.

L’interception du cargo Arconian, en mai 2026, constitue un épisode central de cette affaire. La garde civile espagnole y a découvert une cargaison de cocaïne estimée entre 30 et 45 tonnes, présentée comme la plus importante saisie de cette drogue jamais réalisée. D’après les renseignements occidentaux rapportés par The Guardian, le navire aurait chargé une partie de sa cargaison dans le port de Freetown avant de se diriger vers l’Europe. Les autorités portuaires sierra-léonaises rejettent les accusations selon lesquelles leurs installations auraient facilité ce trafic.

L’enquête évoque également plusieurs disparitions et meurtres présumés liés aux activités du réseau. Parmi les personnes disparues figure Alan Jalloh, un commerçant enlevé à Freetown en octobre 2025. Des sources policières affirment que les investigations ont été bloquées et que des suspects ont été libérés après leur arrestation. Les autorités sierra-léonaises, sollicitées par le journal, n’ont pas répondu à ses questions. Ces accusations reposent notamment sur des témoignages anonymes et des renseignements dont tous les éléments ne sont pas publiquement vérifiables.

Mark Townsend souligne enfin les contradictions de la coopération internationale avec Freetown. Malgré les alertes sur l’influence présumée de Leijdekkers, l’Union européenne a poursuivi son soutien financier et sécuritaire à la Sierra Leone. L’affaire relance ainsi les interrogations sur la capacité des institutions à résister à la corruption et sur les risques d’extension des réseaux de narcotrafic à l’échelle de l’Afrique de l’Ouest.

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