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Tasanee Durrett, les mémoires en mouvement de la diaspora noire
Dans son exposition Sacred Vessels, l’artiste et architecte explore les liens entre mémoire, transmission et guérison. À travers la peinture et des matériaux chargés d’histoire, elle met en regard son parcours personnel avec les expériences de la diaspora
 

(AfriquesPlus) - Dans une interview publiée le 6 octobre 2026 par ART AFRICA Magazine, l’artiste et architecte américaine Tasanee Durrett revient sur son exposition Sacred Vessels: Healing and Memory in the Black Diaspora, présentée au Hannibal Square Heritage Center, en Floride. À travers la peinture, l’architecture et l’usage de matériaux comme le raphia, le sel ou les cocons de vers à soie, elle explore la mémoire, la transmission et les processus de transformation au sein de la diaspora noire.

Dans son travail, Durrett considère le corps comme une structure capable de conserver les expériences, les émotions et les histoires. Sa formation d’architecte influence directement sa manière de peindre : elle construit ses œuvres par couches successives, en associant matériaux et surfaces comme on assemble les différentes composantes d’un bâtiment. Le raphia, le sel et les cocons ne sont ainsi pas de simples éléments décoratifs, mais portent chacun une histoire liée aux traditions, au corps ou à la transformation.

L’artiste établit également un lien entre sa trajectoire personnelle et les questions plus larges de la mémoire diasporique. Elle évoque notamment une période de reconstruction après une relation abusive de huit ans, expérience qui a influencé sa manière d’envisager la réparation. Elle refuse toutefois de confondre son histoire avec celle de la diaspora et préfère observer les mécanismes communs de rupture, de perte de mémoire et de reconstruction.

L’océan Atlantique occupe une autre place importante dans sa réflexion. À travers sa Black Maritime Collection, Durrett entend dépasser une représentation de l’Atlantique limitée à la traite et au passage du Milieu. Elle s’intéresse aussi aux trajectoires de marins, baleiniers, capitaines et communautés noires qui ont trouvé sur les mers des espaces de travail, d’autonomie et de construction de richesse. L’océan devient ainsi chez elle à la fois une mémoire de la violence et un espace de transmission et de possibilités.

Avec Sacred Vessels, l’artiste ne cherche pas à présenter la guérison comme un processus achevé. Ses œuvres interrogent plutôt la manière dont les blessures et leur réparation peuvent coexister, et comment une mémoire peut être transmise sans être figée. L’exposition est visible au Hannibal Square Heritage Center jusqu’au 13 décembre 2026.

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